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n°3 novembre 2013 : La forêt et ses marges. Autour de la biogéographie historique : outils, résultats, enjeux:

Aménagement, mises en réserve et exploitations dans les bois communaux de Lorraine au XVIIIe siècle

Xavier Rochel


Par Xavier Rochel, Maître de conférences en Géographie, LOTERR – Université de Lorraine





Résumé : La grande majorité des forêts communales de Lorraine sont divisées en parcelles héritées des opérations de règlement réalisées à partir de 1740. On a cherché ici à éclairer l’origine de ces découpages internes aux massifs communaux, et à établir comment s’opérait l’exploitation des massifs ainsi organisés. Le recours aux registres tenus par les forestiers du XVIIIe siècle permet également de quantifier les exploitations et de vérifier si la gestion des « quarts en réserve » était différente de celle des coupes affouagères.



Mots clés : forêts, sylviculture, foresterie, taillis sous futaie, quart en réserve, Lorraine.



Abstract : Most of the communal forests in the Lorraine Region are divided into compartments that we know are inherited from the 1740s onwards. We tried to  gain a better understanding of these internal divisions, and of how forestry was operated in this context. Thanks to the registers held by 18th Century foresters, we can assess felling operations and check if the so-called reserves or “quarts en réserve” were managed differently from annual, ordinary fellings.



Key words : forest, forestry, coppice-with-standards, Lorraine.



Les forêts communales françaises sont habituellement exploitées selon une organisation rigoureuse. Leur agencement spatial est hérité du temps où la tutelle de l’Etat a pu s’imposer face aux communautés rurales, et prescrire un modèle unique d’exploitation mis en place sous l’autorité de ses officiers forestiers. De cet épisode fondamental, plus ou moins tardif selon les régions, sont hérités certains des traits paysagers les plus marquants dans les forêts communales actuelles. On pense en particulier aux layons et pistes forestières généralement rectilignes, qui divisent le massif en un parcellaire géométrique, et marquent avec évidence l’action anthropique dans un paysage que d’aucuns appellent naturel, mais qui est incontestablement marqué par des siècles de foresterie plus ou moins intensive. La mise en place difficile d’un parcellaire et d’une exploitation rationnelle, sous l’autorité de l’administration forestière d’Etat, a été maintes fois évoquée par les historiens (Devèze 1954, 1982 ; Corvol 1984). La question peut aussi être étudiée dans une optique plus géographique, attachée à la spatialisation des problèmes et à la contextualisation des enjeux environnementaux contemporains ; l’historique de l’exploitation des forêts communales se rattache alors à la biogéographie historique (Houzard 1980, 2008 ; Dubois 1989 ; Husson 1991). Le chercheur peut s’appuyer sur d’abondantes données quantitatives et sérielles qui permettent d’apprécier avec précision la réalité de l’application des politiques d’Etat à l’échelle des massifs forestiers communaux.



C’est dans cette optique que l’on peut analyser la mise en place d’une exploitation réglée dans les bois communaux lorrains du XVIIIe siècle. A partir des années 1740 se met en place un cadre normalisé, où se distinguent des parcelles régulièrement exploitées pour l’affouage, dites « coupes ordinaires », et un bloc mis en réserve, destiné à parer aux dépenses imprévues, appelé « quart en réserve ».  Cette distinction, très nette dans le droit, est-elle réellement appliquée sur le terrain ? Les forestiers peuvent-ils, dans un contexte de forts besoins en bois et en argent, défendre la mise en réserve d’un quart du capital boisé de chaque communauté ? On cherchera ici à trouver dans les archives des maîtrises des Eaux et Forêts et des communautés rurales, des indications sur la mise en place concrète du cadre édicté à l’échelle des duchés de Lorraine et de Bar. Grâce aux registres de martelages, qui enregistrent les opérations effectuées par les forestiers, on tentera d’évaluer les conséquences réelles de la mise en place du quart en réserve.



 Note : Les recherches ici exposées ont été entreprises dans le cadre du projet A.N.R. SYSTERRA FORGECO, « Forêts, Gestion et Ecosystèmes » (site internet : https://forgeco.cemagref.fr/). Cette publication sera complétée par un volet sylvicole portant sur la quantification des peuplements et des prélèvements, dans les coupes forestières et les quarts en réserve de la Lorraine du XVIIIe siècle.



I. Une organisation géométrique héritée de la foresterie des Lumières



1. Un modèle commun d'organisation spatiale



Le cas de Colombey-les-Belles, commune du Sud-Toulois à quelque 25 km de Nancy, permet d’exposer clairement l’organisation spatiame caswique d’une forêt communale lorraine ordinaire. On distingue trois ensembles assez nettement délimités par l’histoire récente de l’exploitation du massif.



Le premier ensemble est constitué de forêts récentes. Il s’agit de pineraies implantées entre 1862 et 1880, sur d’anciens pâquis communaux qui portent le toponyme révélateur « les Essarts » (1).. Comme dans la majorité des reboisements effectués aux XIXe et XXe siècles sur les communaux des plateaux calcaires lorrains, l’essence employée est le pin noir d’Autriche, semé sur bandes ouvertes à la charrue. Une fois l’avenir des nouveaux peuplements assurés, leur soumission au régime forestier a été demandée et obtenue en 1907.



Le deuxième ensemble identifiable est constitué par des parcelles de taille homogène, qui constituaient durant les deux derniers siècles le cadre des exploitations annuelles pour l’affouage communal. Dans le cadre du régime du taillis sous futaie, le taillis d’une « coupe » ou « assiette » unique était exploité chaque année, et apportait soit une certaine quantité de bois de feu, soit un revenu notable si la commune choisissait de vendre le produit de la coupe. La révolution du taillis étant ordinairement fixée à 25 ans ou environ dans le contexte lorrain des deux à trois derniers siècle (2). on compte habituellement environ 25 parcelles ainsi découpées dans les massifs communaux lorrains ; à Colombey, jusqu’à des réorganisation récentes, les parcelles correspondant aux coupes ordinaires étaient au nombre de 30.



Le troisième ensemble apparaît au Sud du ban communal ; il est composé d’un bloc qui était à l’origine non subdivisé en parcelles, et qui occupait exactement un quart de la surface du bois communal telle qu’elle se mesurait avant la soumission des pineraies des Essarts (184,14 ha sur 736,54 ha, soit 25,0007 % du total). Jusqu’à récemment, ce « quart en réserve » constituait pour la commune un capital en bois exploitable non pas de façon régulière, mais en fonction de besoins qui pouvaient survenir : impositions exceptionnelles, construction de bâtiments communaux, réparations de toutes sortes.



Figure 1. La forêt communale de Colombey-les-Belles à la fin du XIXe siècle (Source : Archives Nationales, F10 6697).



Le cas de Colombey est tout à fait représentatif des forêts communales lorraines, massif vosgien excepté. Les trois ensembles ici identifiés se retrouvent dans presque tous les massifs communaux de la région, avec bien entendu des variantes innombrables : par exemple, les plus petits massifs communaux n’ont jamais pu être divisés en autant de parcelles que la révolution du taillis comptait d’années ; on n’exploitait qu’un an sur deux, voire un an sur quatre, et le massif n’était alors divisé qu’en cinq ou dix parcelles, avec ou sans quart en réserve. Néanmoins, c’est un modèle très largement partagé qui apparaît ; son origine remonte au XVIIIe siècle, lorsque la foresterie des Lumières tentait d’encadrer, sur le modèle de la réformation colbertienne, l’exploitation jugée jusque là anarchique du domaine forestier des communautés rurales.



Les figures 2 et 3 présentent ainsi deux bans communaux qui montrent à la fois le caractère répandu du modèle organisationnel en coupes affouagères et quart en réserve, et les particularités apportées par le contexte local. A Faulx, le massif communal est divisé en deux sections ; le quart en réserve a été apposé en 1768 dans la partie méridionale. A Uruffe, le bois communal qui appartient en propre à la communauté, et qui a été divisé selon les modalités habituelles en 1761, se double d’un bois dont la communauté a acquis l’usufruit par un acensement, et qui est lui-même divisé à partir de 1767 en coupes affouagères à la réserve du quart.





Figure 2 : Les bois communaux de Faulx après la mise en coupes réglées de 1768 (Source : Archives de Meurthe-et-Moselle, E-dépôt 186 DD3).





Figure 3. Les bois communaux d’Uruffe après les mises en coupes réglées de 1761 et 1767  (source : Archives de Meurthe-et-Moselle, 7M 1515-1516).



2. Les origines historiques du quart en réserve



Dans le cadre géographique lorrain, les structures en question sont issues d’une double origine. D’une part, l’héritage d’un droit forestier spécifiquement lorrain, mis en place et appliqué par un réseau de grueries ; d’autre part, une influence française de plus en plus forte au cours du XVIIIe siècle, relayée par un réseau de maîtrises établies en décembre 1747 sur le modèle du puissant voisin, avant même le rattachement des duchés de Lorraine et de Bar à la France en 1766. On cherchera donc ici à retrouver l’origine du quart en réserve dans ce double contexte.



Dans le cadre français, les origines du quart en réserve sont à trouver au XVIe siècle, alors qu’une relative pénurie de bois inquiète les observateurs et pousse le pouvoir royal à intervenir de plus en plus fortement en matière forestière. Dans le cadre d’un inévitable interventionnisme politique dans le domaine forestier privé, la législation se fait alors de plus en plus contraignante quant aux modalités d’exploitation des taillis et surtout des futaies. En 1549, 1573 puis 1579, des dispositions imposent aux communautés laïques et ecclésiastiques de mettre en réserve le tiers, puis le quart de leurs forêts. C’est évidemment la réformation colbertienne qui conduit à appliquer sévèrement, et à (presque) généraliser la notion de quart en réserve. La fameuse ordonnance de 1669 sur le fait des Eaux et Forêts, vouée à devenir un modèle de législation forestière pour toute l’Europe, aborde la question aux titres XXIV et XXV. Les dispositions sont claires : les gens de mainmorte, c'est-à-dire les communautés laïques et ecclésiastiques, devront laisser « la quatrième partie au moins » de leurs bois pour n’être exploités qu’en cas de besoin, par opposition aux coupes régulières de taillis qui doivent se succéder régulièrement, « à tire et aire » dans le surplus des massifs. Andrée Corvol (1984) a bien montré comment ce qui était à l’origine un véritable « quart en futaie » a, assez rapidement, perdu ce caractère ; au XVIIIe siècle, le quart en réserve est de plus en plus souvent exploité en taillis sous futaie, comme le restant des bois concernés ; ce qui le distingue est plutôt l’irrégularité des coupes, qui y sont pratiquées de façon extraordinaire, en cas de besoin important, et sur autorisation spéciale, par exemple « en cas d’incendie, ou ruine notable des églises, ports, ponts, murs & autres lieux publics ». Au grand regret des forestiers du XVIIIe siècle, la disposition n’est pas étendue aux bois particuliers ; seules les communautés laïques et ecclésiastiques, considérées comme des corps sous tutelle, doivent se plier à l’impératif du quart en réserve.



Finalement, le quart en réserve a été surtout été cité par les historiens de la forêt comme un témoin de la mise en place d’une gestion rationnelle. Il indique d’abord que le bois n’est pas exploité de façon désordonnée sans réflexion sur l’avenir. Il indique également l’existence d’une gestion spatialisée, où l’inégalité des ressources d’un canton à l’autre est prise en compte, où la localisation des coupes prend de l’importance. Avec le bornage, l’arpentage et la mise en coupes réglées, l’apposition du quart en réserve fait donc partie des étapes cruciales qui marquent localement la mise en place d’une foresterie rationnelle sous l’Ancien Régime. L’apposition du quart en réserve était d’ailleurs souvent l’occasion d’un premier arpentage, et d’une première cartographie du massif. Enfin, le quart en réserve est un des symboles de la mise en place d’une autorité politique, administrative et judiciaire qui s’impose aux communautés laïques et ecclésiastiques, au nom de la tutelle du souverain et, même si l’expression n’est pas utilisée, au nom du bien public.



On n’insistera pas davantage ici sur l’apparition du quart en réserve dans la foresterie française ; la question a été bien éclaircie par ailleurs. Plus intéressant est le passage du dispositif de la législation française à celle des duchés de Lorraine et de Bar. De 1670 à 1697, la Lorraine est occupée par la France ; l’autorité royale cherche alors à transposer partiellement le droit français en territoire lorrain. C’est le cas du droit forestier ; en 1686, des commissaires établis à cet effet rédigent un règlement, censé préciser les modalités d’application en Lorraine de la toute récente législation colbertienne. L’article XXXI est ainsi établi :



« XXXI. Ce sera une bonne oeconomie dans les Bois Communaux, que d'en faire mettre suivant l'Ordonnance du Roi du mois d'Août 1669 la quatriéme partie en reserve pour croître en Futaye dans les meilleurs fonds & les plus commodes, sur la désignation qui en sera faite par le Grand-Maître, & de régler le surplus en coupes ordinaires… »



Il semble bien que ce projet soit en grande partie resté lettre morte. Il est vrai que le temps n’est alors pas à la mise en place pérenne de nouveautés juridiques, dans un cadre géopolitique bien mal fixé. En 1698 en effet, les tractations à l’échelle européenne amènent finalement le retour du duc Léopold qui rétablit, en quelques années, une administration solide et une législation renouvelée autour de ce qu’on appelle de façon commode le « Code Léopold ». Mais il ne s’agit pas là d’un retour en arrière ; l’influence française ne peut être effacée. Le Code Léopold comprend un long volet forestier, souvent désigné sous le nom de « règlement forestier de 1701 » ; et certains des projets français de 1686 sont alors repris et mis en oeuvre. Il en est ainsi du quart en réserve, comme on le lit à l’article LXXXII :



« Au cas que les quarts de réserve qui ont été cy-devant faits par les Officiers des Maîtrises particulieres se trouvent bien faits, ils subsisteront, & à cet effet ils seront reconnus par les Officiers de chacune Grurie dans les Hautes-Justices de nos Domaines, & dans celles des Ecclésiastiques & Gens de Main-morte, & en cas que lesdits quarts de réserve se trouvent mal faits ou degradez, enjoignons à nosdits Officiers d’en faire de nouveaux, & de les asseoir dans les meilleurs fonds, & les endroits plus propres à croître en futaye. »



C’est ainsi que dans les trois premières décennies du XVIIIe siècle, apparaissent déjà quelques plans forestiers qui font mention de quarts en réserve. L’aménagement reste modeste ; pas de parcellaire sur lequel s’appuieraient les exploitations ordinaires. Lorsqu’une coupe d’affouage doit être préparée, les officiers forestiers se contentent encore de mesurer un canton à exploiter qui fasse la surface voulue, sans établir ni layons, ni bornes pérennes autres que celles qui marquent le pourtour du massif.



3. Après 1740 : le rôle des "arrêts de règlement"



C’est en septembre 1740 qu’un arrêt du Conseil prescrit enfin différentes opérations qui vont, en quelque sorte, révolutionner la gestion et le paysage des bois communaux de Lorraine (Riston 1774). En effet, il est demandé que les bois de chaque communauté soient arpentés, abornés, cartographiés, et soumis à un aménagement qui comprend apposition du quart en réserve et division du surplus en coupes réglées ; c’est là l’origine essentielle de ce qui va devenir, en quelques décennies, le modèle presque unique d’organisation des forêts communales dans les plaines et plateaux lorrains. Ces opérations ont conduit à la production de multiples écrits qui permettent de bien comprendre le déroulement de la procédure.



Lorsqu’il est ordonné par un « arrêt de règlement » pour une communauté donnée, le travail commence nécessairement par un arpentage et un abornement. L’objectif est de s’assurer de l’existence de limites pérennes, inattaquables en droit, et durablement matérialisées sur le terrain. Une fois les premières mesures effectuées, les officiers forestiers de la gruerie ou de la maîtrise concernée réalisent une « visite et reconnaissance » afin de vérifier les limites du massif :



« après avoir fait le tour dudit bois appellé le gros bois (…) nous avons reconnu qu’il est suffisamment distingué et séparé non seulement par les chemins, mais aussi par les pierres bornes que nous y avons trouvé extentes par les arbres vieilles escorces ou lisier [=lisières] ; mais aussi par plusieurs autres bornes que nous avons fait planter de distance en distance » (3).



Comme les limites doivent être établies contradictoirement, c'est-à-dire en accord avec les voisins, l’opération se fait en présence des propriétaires riverains, ou de leurs représentants. Sur les terres labourables des finages concernés, ce sont les représentants des communautés qui sont présents et qui signent le procès-verbal. Les propriétaires des bois voisins envoient également leurs représentants ; les propriétaires de fermes envoient leurs fermiers. La troupe est donc nombreuse ; c’est une véritable petite procession qui, en plusieurs jours parfois, et non sans récriminations, longe les lisières, examine si elles sont convenablement matérialisées (ce qui est rarement le cas), et plantent des piquets aux emplacements des futures bornes qui devront être taillées et plantées. Bien souvent en effet, les limites sont incertaines, en particulier au contact des pâquis : le bois est souvent troué de clairières, appauvri par le pâturage ; le pâquis, lui, peut être piqueté d’arbres nombreux, en partie envahi de broussailles ; établir des limites claires au sein de ce paysage flou se révèle parfois délicat.



En peu de temps, il faut donc passer d’un foncier incertain à un foncier incontestable. Les quelques bornes déjà présentes, souvent de simples « pierres brutes », sont complétées par un réseau de bornes nombreuses et numérotées : par exemple à Benney en 1765, sont taillées et plantées 130 bornes là où n’en existaient jusque là que 14. Ceci pour un massif de 1215 arpents de Lorraine, soit 250 hectares seulement (4) ! Les bornes peuvent être également doublées de fossés qui ont le double avantage d’être impossibles à déplacer, et de contrarier le passage des troupeaux. Faute de pouvoir creuser de longues sections de fossés, on se contente parfois de commencer le travail par de courtes excavations qui seront complétées à l’occasion.



Une fois l’abornement terminé, ou du moins préparé en attendant l’achèvement du travail par les tailleurs de pierre et les manoeuvres, arrive l’étape de l’apposition du quart en réserve. Le site est choisi en fonction du sol, qui doit être jugé fertile ; des peuplements en place, qui doivent être riches en futaie ; de l’éloignement du village, qui permet de limiter pillages, abroutissements et dégradations. Les deux derniers critères sont d’ailleurs très souvent concordants, au point que le quart en réserve paraît fixé presque systématiquement au plus loin du village :



« Après avoir bien examiné le tout tant en fond qu’en superficie, nous avons jugé qu’il convient sous l’agrement du Roy, placer le quart en reserve du coté du midy, joignant la prairie, parce que le fond est très bon et chargé d’une belle futaye en chenes tant vielle ecorces que ballivaux de tout âge. » (5).



Comme pour les lisières, une bonne matérialisation sur le terrain est essentielle ; la limite entre quart en réserve et coupes affouagères est donc abornée, fossoyée, marquée par le martelage d’arbres dits « pieds-corniers » ou « arbres limites », et rendue bien visible et facile à inspecter par le défrichement d’une « tranchée » de quelques pieds de large, le bois exploité à cette occasion pouvant servir à compenser en partie les frais engagés lors de l’opération (6).



Enfin, le « surplus » doit être divisé en coupes qui seront exploitées, l’une après l’autre ou « à tire et aire », pour assurer l’affouage de la communauté propriétaire ; là encore, les limites sont matérialisées par des bornes, par des fossés, par la marque d’arbres limites, et par le défrichement d’étroites « tranchées », « layes » ou « lignes ». Le travail est soigneusement enregistré par un procès-verbal qui peut comprendre une centaine de pages, et par une « carte topographique » détaillée (7) :



« Que toutes les couppes seront exploitées de tire à aire et distinguées les unes des autres par des pieds corniers et layes de séparation de trois pieds de largeur à chaque extremité desquels, il sera fait des fossés de quatre pieds en quarré sur autant de profondeur le tout entretenu [aux frais des membres de la communauté] et de leurs successeurs de même que les tranchées, bornes et fossés désignés sur la carte topographique dont sera dressé et remis coppie au sieur Gérard Grand Maître de même que des procès-verbaux dont la minute avec ladite carte seront déposées au Greffe de la Maîtrise » (8).



 





Figure 4. Carte « topographique » des bois de la Rang à Lay-saint-Christophe, 1764, détail (source : Archives de Meurthe-et-Moselle, 7M 1515-1516). On note ici l’attention portée aux limites, qu’il s’agisse des limites du massif, ou de celles des découpages internes qui viennent d’être établis. Les bornes sont représentées par des carrés ; elles sont très souvent doublées d’un arbre marqué comme « pied cornier » (« charmille 2 p ½ » signifie « charme de deux pieds et demi de tour »). Les distances entre bornes sont indiquées en toises de 2,86 m.



II. Une application imparfaite



1. L'organisation de l'exploitation



Une fois le massif communal mis en coupes réglées, l’exploitation s’en fait de façon très organisée. La communauté ne peut, bien entendu, procéder d’elle-même à la coupe de son affouage. L’assiette à exploiter doit, dans un premier temps, être « désignée » par les officiers forestiers de la gruerie ou (après 1747) de la maîtrise (9). Les limites de la coupe sont reconnues ; les arbres limites, « pieds corniers », « parois » ou « limites » sont martelés ou re-martelés de façon à interdire clairement leur abatage ; on martèle également les jeunes brins les plus prometteurs (« baliveaux de l’âge »), que la communauté devra impérativement respecter. La communauté pourra recéper la totalité du taillis, et y ajouter les jeunes brins non martelés ; mais elle devra laisser en place toute la futaie, par exemple à Eulmont, en 1768 :



« Nous Conseiller du Roy maître particulier procureur du roy et garde marteau en la maîtrise de Nanci accompagnés de notre greffier commis et suivis des deux gardes à cheval (…) nous nous sommes transportés dans les bois de la communauté d’Eulmont ou étant (…) entré dans l’intérieur de ce triage nous y avons fait marquer sur une racinne des marteaux de ballivage cent dix brins de chenes, soixante un de charmilles et cinq d’errables lesquels seront reservés lors de l’exploitation du surplus outre et pardessus les ballivaux modernes anciens vieilles écorces et les arbres fruitiers »



Dans un deuxième temps, les officiers se rendent sur la coupe marquée l’année passée, dite « coupe en usance », fraîchement débarrassée de son taillis. Ils y font l’inventaire des baliveaux ; le nombre et la nature doivent être identique à ce qu’ils ont noté sur leurs registres de l’année précédente. Dans le cas où la communauté a exploité correctement sa coupe, il lui est accordé « congé de cour », c'est-à-dire qu’aucune poursuite ne sera engagée contre elle. Les forestiers s’intéressent ensuite à la futaie, facile à dénombrer puisque tout l’étage inférieur des arbres a été exploité. S’il se trouve un trop grand nombre d’arbres de futaie dans les différentes classes d’âge (« modernes », « anciens » et « vieilles écorces »), ce qui est jugé en excès est martelé pour être vendu, ou accordé à la communauté comme supplément d’affouage ; c’est cette opération que les textes désignent sous le nom de « régal » ou « blanchis ». Là encore, on prend soin d’enregistrer, à l’arbre près, tout ce qui est martelé.



Enfin, dans un troisième temps, les officiers se déplacent vers la coupe dite « usée », marquée deux ans auparavant. Ils y font l’inventaire de la futaie restante et des souches des arbres exploités ; c’est ce que les textes d’Ancien Régime appellent « ressouchement », ou « récollement ». Si tout concorde avec ce qui a été enregistré, congé de cour est accordé à l’exploitant, qui peut être la communauté elle-même si la futaie surnuméraire a été accordée en supplément d’affouage, ou un marchand de bois si elle a fait l’objet d’une vente.



Tout ceci représente une sorte de longue cérémonie plus ou moins solennelle. C’est, dans la vie des communautés, un moment important. Le groupe d’officiers forestiers est suivi des forestiers locaux et des représentants de la communauté. C’est un lourd travail : 7151 arbres sont martelés lors de la marque d’une assiette à Crézille le 5 juillet 1784 ! On n’imagine pas que les officiers, issus de familles nobles, aient la hache à la main. Le plus probable est que les gardes forestiers tiennent le marteau, et l’apposent sur les blanchis (10). faits par des représentants de la communauté, comme l’indique par exemple un billet de 1766, tiré des archives communales de Eulmont, qui demande au syndic de la communauté de se trouver dans ses bois le mardi suivant à onze heures du matin, « avec cinq hommes avec deux bonnes haches, pour travailler avec messieurs les officiers de la maitrise dans leurs affouages » (11).



Une fois l’affouage marqué par les officiers et leurs assistants, pas question d’exploiter immédiatement. Un petit groupe d’habitants commis à cet effet doit d’abord diviser les bois exploitables en portions. La communauté devra ensuite se rassembler pour « tirer les billets » ou « tirer les portions » et ensuite seulement, chacun pourra exploiter le bois auquel il a droit. Dans certains cas, les portions sont regroupées en « chambrées » ou « crants » : les lots sont communs à trois ou quatre bénéficiaires qui auront encore à partager entre eux le bois du lot qu’ils ont tiré en commun.



Précisons que les marques sont faites d’une façon à peu près similaire dans les quarts en réserve, lorsque la communauté obtient le droit d’en exploiter une partie. Tout ceci représente, à partir du milieu du XVIIIe siècle, une organisation qui restera en place durant deux siècles, malgré quelques innovations qui tendirent à rapprocher les modalités d’exploitation du quart en réserve de celles des coupes affouagères. Le parcellaire actuel, pour partie, est encore hérité des innovations du milieu du XVIIIe siècle ; l’exploitation en taillis sous futaie reste souvent en place, même si elle a notablement changé.



Malgré les travaux pionniers tentés par Andrée Corvol, on s’est trop peu intéressé aux extraordinaires documents issus de ce mode de fonctionnement. On a donc, à ce jour, acquis bien peu d’enseignements quant aux conséquences réelles de la sylviculture établie, et en particulier sur les conséquences de l’apposition du quart en réserve. Les peuplements forestiers concernés ont-ils réellement été épargnés, dans tous les sens du terme ? Comment étaient-ils gérés ? Pour le savoir, il est nécessaire de s’écarter des archives classiquement utilisées en histoire des forêts, pour se plonger dans des documents très techniques où apparaissent concrètement, et dans le détail, les opérations forestières mises en œuvre : les « registres de martelages » tenus par les officiers des grueries et des maîtrises.





Figure 5. Extrait d’un procès-verbal de martelage de la maîtrise de Pont-à-Mousson,  1787 (source : Archives de Meurthe-et-Moselle, B 12256). On remarque la précision avec laquelle sont enregistrés les arbres martelés : « trois charmilles et soixante dix sept poiriers et pommiers modernes… »



2. La réalité des "quarts en réserve"



Afin de déterminer si de réelles différences existent entre l’exploitation des coupes affouagères et des quarts en réserve, il est possible de faire appel aux registres de martelages listés dans le tableau ci-dessous.



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Compte tenu du considérable volume d’archives exploitables, il a été choisi de ne prendre en compte dans un premier temps qu’un échantillon de données ainsi choisies :




  • les martelages étudiés devaient concerner des bois mis en règle, et donc se rapprocher de la fin de l’Ancien Régime, puisque les forêts communales de Lorraine n’ont été aménagées et mises en coupes réglées que progressivement ;


  • la période concernée ne devait pas toucher les périodes troublées à la fin de l’existence des maîtrises (1788-1791).



On a donc recueilli les données concernant un total de 115 coupes dans des bois communaux des maîtrises de Pont-à-Mousson et Nancy, de 1784 à 1787. La surface cumulée des coupes étudiées s’élève à 4221 arpents, soit 869 hectares. Ce sont, au total, 108524 arbres qui ont été enregistrés ; sont connues leur essence (chênes, hêtres, charmes, trembles, fruitiers en majorité), leur classe d’âge (baliveau, moderne, ancien, vieille écorce) ainsi que leur destination (arbres mis en réserve ou destinés à être abattus). On peut ainsi déterminer la richesse respective de la futaie dans 37 coupes de quart en réserve, et 78 coupes ordinaires d’affouage.



Les résultats de l’étude ne peuvent être que partiels. Rien ne permet de connaître l’état des quarts en réserve lorsqu’ils ne sont pas exploités ; la comparaison n’est permise qu’entre coupes « ordinaires » de parcelles affouagères, et coupes « extraordinaires » de quarts en réserve des communautés qui ont obtenu l’autorisation d’exploiter. En outre, les chiffres récoltés ne concernent que la futaie ; on sait très peu de choses du taillis. Néanmoins, un certain nombre d’enseignements peuvent d’ores et déjà être tirés de cette première étude (12).





Dans les strates jeunes du peuplement, le balivage est étonnamment proche entre coupes affouagères et coupes du quart en réserve, autour de 13 baliveaux de l’âge par arpent (13). Cette densité est, grosso modo, celle qu’imposent les ordonnances, qui évoquent un minimum de douze baliveaux par arpent (14). On est surpris, en revanche, de compter dans les coupes affouagères davantage d’arbre de futaie réservés (modernes, anciens et vieilles écorces) que dans les quarts en réserve. Après exploitation, le quart en réserve est donc plus pauvre que les coupes d’affouage… Qu’en était-il avant exploitation ? La réponse ne se trouve que si l’on prend en compte la futaie surnuméraire, c’est-à-dire les arbres considérés comme étant en excès lors du « régal », et qui devaient être vendus, ou accordés comme supplément d’affouage à la communauté. En cumulant futaies vendues et futaies réservées, on obtient le total des arbres de futaie avant exploitation. Le résultat est cohérent : les quarts en réserve sont, avant exploitation, nettement plus riches que les coupes affouagères, ce qui confirme l’idée selon laquelle les forestiers l’ont bien localisé dans les cantons les plus riches du massif communal.



Visiblement, dans la foresterie lorraine du XVIIIe siècle, le quart en réserve n’est pas un « quart en futaie » comme l’entendaient originellement les textes français, comme l’ordonnance de 1669, et même le règlement lorrain de 1701. Certes, le peuplement mis en réserve est souvent composé d’un massif riche en gros bois. Mais les exploitations qui y sont permises n’y laissent subsister qu’une densité médiocre de futaies, et même moins d’arbres adultes que dans les coupes affouagères. Le quart en réserve acquiert, après le passage des bûcherons, un visage très proche des parcelles affouagères. Il reste que ces informations sont incomplètes, faute de connaître le temps de retour des coupes dans les quarts en réserve, ce qui ne sera envisageable qu’au siècle suivant.



Conclusion :



L’organisation spatiale des forêts communales des plaines et plateaux lorrains résulte, en grande partie, des innovations mises en place au milieu du XVIIIe siècle. Le quart en réserve paraît alors, d’après les informations recueillies dans les années 1780, comme très imparfaitement défendu contre la « faim de bois » qui marque alors l’économie de la région. Cette idée concorde avec les observations déjà émises sur le même sujet par Andrée Corvol et Jérôme Buridant. Les choses seront différentes au XIXe siècle et l’on verra alors les forestiers défendre ces peuplements qui échappent à la routine du taillis sous futaie des coupes d’affouage.



La loi de finances rectificative du 24 décembre 1969 a fait disparaître l’obligation du quart en réserve dans les forêts communales. Mais si le quart en réserve n’a plus de réalité juridique ou financière, les conséquences de son existence s’observent tojour3, rlus ou moins nettement, dans le découpage parcellaire, dans les peuplements forestiers actuels, ainsi que dans les différentes composantes de l’écosystème (15). De même, dans le découpage en parcelles qui est souvent resté stable durant plus de deux siècles, s’observe encore aujourd’hui la volonté des forestiers du XVIIIe siècle d’introduire en forêt la rigueur des exploitations planifiées.



Références bibliographiques



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X., 1881, De l'aménagement des Quarts-en-Réserve, Revue des Eaux et Forêts, p. 351-353.



 




Notes :




(1) Archives Nationales, F 10 6697.





(2) A cet égard, les révolutions souvent bien plus courtes évoquées par Charles Guyot en 1889 (p. 199-200) paraissent pessimistes ; les exemples cités sont trop bien choisis et versent dans une vision catastrophiste de l’histoire des forêts.





(3) Archives de Meurthe-et-Moselle, E dépôt 185 DD5, Euvezin, bois communaux., arpentage et apposition du quart en réserve, 1742. Les « lisières » sont des arbres remarquables, éventuellement martelés, qui font office de repère en lisière de massif.



(4) Archives de Meurthe-et-Moselle,  E dépôt 61 DD1, Benney, aménagement des bois, 1765.





(5) Archives de Meurthe-et-Moselle,  E dépôt 45 FF3. Barbonville, pièces à l’appui de procédures judiciaires.





(6) Archives de Meurthe-et-Moselle,  B 12013, Fléville, apposition du quart de réserve et division des coupes des bois communaux, 1760





(7) Ces différents documents sont très nombreux à être conservées dans les séries G et B des archives départementales, dans les archives de l’Office National des Forêts, ainsi que dans les archives communales déposées ou non (séries DD).





(8) Archives de Meurthe-et-Moselle,  B 12054, Tantonville, règlement des bois communaux, 1773.





(9) Il est à noter que des grueries restent en place après 1747 dans les seigneuries où la haute justice n’appartenait pas aux ducs de Lorraine. Elles doivent alors composer avec les maîtrises dans l’administration des bois communaux de leur ressort (arrêt du 19 décembre 1750).





(10) Le mot « blanchis » peut désigner l’entaille faite dans l’écorce d’un arbre pour recevoir la marque du marteau, ou l’opération consistant à marquer les arbres de futaie qui doivent être vendus.





(11) Archives de Meurthe-et-Moselle, E dépôt 184 DD2, Eulmont, bois communaux.





(12) L’étude quantitative en cours d’un échantillonnage plus important sera exposée dans une publication à venir.





(13) L’arpent de Lorraine vaut 0,206 ha.





(14) Le règlement de 1701 dispose que « sera laissé dans chacun Arpent à la mesure de Lorraine douze bailliveaux de l’âge du Taillis des plus beaux brins naissans de Chesne, Hêtre, Charme ou autres de la meilleure espece, outre & par dessus les Arbres de vieille écorce, Bailliveaux anciens & modernes des coupes précédentes & Arbres fruitiers ».





(15) Les recherches récentes et pour l’essentiel inédites à ce jour, conduites avec Jean-Luc Dupouey (INRA) dans le cadre du projet SYSTERRA FORGECO conduisent à identifier des différences sensibles dans la flore et le sol respectifs des anciens quarts en réserve et des anciennes coupes affouagères.





 


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