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n°3 novembre 2013 : La forêt et ses marges. Autour de la biogéographie historique : outils, résultats, enjeux:

Entre infield et outfield : une géographie historique de l’exploitation du genêt d’Espagne en Lodévois (XVIe-XIXe siècle)

Sylvain Olivier


Par Sylvain OLIVIER, docteur en histoire. Professeur agrégé d’histoire. Enseignant en histoire-géographie au lycée Jean-Mermoz de Montpellier et chargé de cours en histoire à l’université de Perpignan. Chercheur associé au CRHiSM - EA 2984, au CRHQ - UMR 6583, et à CRISES - EA 4424. Courriel : <sylvain.olivier@unicaen.fr>. Site web : http://univ-perp.academia.edu/SylvainOLIVIER



Résumé : Le genêt d’Espagne est une plante sauvage qui se répand actuellement sur les friches. Ce fut aussi le cas en Lodévois au XVIIe siècle, en contexte de déprise agraire. Mais, dans cette région méditerranéenne, les dynamiques spatiales historiques des peuplements de genêt résultent aussi en partie de facteurs anthropiques, du fait d’une utilisation de la plante dans les assolements, surtout afin d’en exploiter les fibres textiles. Au XVIIIe siècle, de plante défrichée, le genêt se transforme en plante très exploitée, dans un contexte de changement agricole. L’approche géographique aide à comprendre les mutations à l’œuvre, surtout au XVIIIe et au début du XIXe siècle, lorsque la genêtière devient une véritable culture temporaire, alternant pendant quelques années avec la friche et le champ, afin de mettre en valeur les terrains en pente presque stériles.



Mots-clés : Genêt, textile, friches, changement agricole, Languedoc, cadastres, contrats agraires



Abstract : Spanish broom is a wild plant which nowadays is spreading over uncultivated land. This was also the case in the region of Lodève in the 17th century, during a period in which cultivated land was being abandoned. However, in this Mediterranean region, the historical and spatial dynamics of the broom population also partly resulted from human factors, through the usage of this plant in crop rotations, especially in order to exploit its textile fibres. In the 18th century, after formerly being a plant to be cleared, broom became a very frequently used plant in a broader context of agricultural change. A geographical approach helps us to understand the changes which took place, especially in the 18th and early 19th century, when Spanish broom became a veritable transitional crop that was grown over the course of a few years to transition from fallow land to field in order to develop nearly barren slopes.



Key words : Broom, textile, fallow land, agricultural change, Languedoc, cadastres, land contracts



 



Le genêt d’Espagne ou spartier à tiges de jonc (Spartium junceum Linné) (1) – gineste, en langue vernaculaire du Lodévois (Hérault) – est un arbuste de la famille des Fabaceae (aussi couramment appelées Légumineuses). C’est la seule espèce encore acceptée dans le genre Spartium. Il s’agit d’une plante rustique non épineuse qui peut dépasser 2 mètres de haut, aisément reconnaissable à son abondante floraison de couleur jaune vif au printemps. Ses rameaux flexibles sont effilés et cylindriques. En été, ils perdent leurs petites feuilles et assument une photosynthèse limitée, ce qui évite à la plante une évaporation excessive. Ils portent alors des gousses atteignant jusqu’à 10 centimètres de long, qui contiennent de petites graines noires. Ces gousses s’ouvrent à la fin de l’été, souvent de façon sonore, et la désolidarisation de leurs deux moitiés propage les semences à plusieurs mètres de distance (Martin, 2009, p. 14-15). Le spartier est une plante sauvage présentant une grande plasticité vis-à-vis des propriétés chimiques des sols. Bien qu’il préfère une pédologie sèche, favorisée par un substratum calcaire comme c’est souvent le cas dans le Midi méditerranéen, il se répand aisément dans le reste de la France (Rameau, Mansion, Dumé, 1989, p. 663) (2) Aussi constitue-t-il de nos jours une plante spontanée, sauvage, envahissante, voire nuisible pour l’agriculture.



Sa diffusion spatiale « naturelle » est un phénomène actuel, consécutivement à l’exode rural ; tandis que dans le passé le genêt a représenté autre chose. Son emprise territoriale historique répond à un système de causalité plus complexe et aux déterminants plus nombreux que celle d’aujourd’hui. Ce sont ces facteurs du passé, en étroite interaction et imbrication, ainsi que leurs conséquences spatiales, qu’il convient de décrire dans cet article (3).



À travers l’étude des dynamiques écologiques et sociales autour d’une plante, c’est la question des lisières entre la forêt – méditerranéenne, c’est-à-dire sa forme dégradée alias garrigue – et les espaces cultivés qui est documentée, puisque le genêt prend place dans cet entre-deux fluctuant au gré d’une hiérarchie complexe et évolutive de facteurs combinant actions anthropiques et éléments « naturels ». Après avoir exposé ces enjeux et facteurs, il s’agira de montrer comment le XVIIe siècle est un moment privilégié de rétractation de l’ager au profit de végétaux comme le genêt. Enfin, les XVIIIe et XIXe siècles seront analysés en termes de dynamiques des fronts pionniers et de véritable système dans lequel le genêt s’intègre, d’une manière renouvelée, comme ressource au profit des hommes.



I. Sur la longue durée historique, des déterminants très différents (XVIIe-XXIe siècle)



La comparaison des dynamiques actuelles avec celles du passé exige de commencer par exposer les différents facteurs géographiques interagissant comme déterminants de la présence et de la diffusion du genêt d’Espagne, en mettant en évidence les différences entre la période « traditionnelle », c’est-à-dire antérieure au XIXe siècle (de Planhol, 1988 ; Trochet, 1997), et la période récente.



A. Une plante diffusée spontanément



Le spartier est « naturellement » une plante colonisatrice de terrains laissés à l’abandon, un marqueur végétal du stade préforestier (Barry et Le Roy Ladurie, 1962, p. 440, 442 ; Tchen-Ngo, 1929, p. 119-120). Sa progression récente résulte donc avant tout de l’enfrichement des campagnes. Le genêt est à l’interface de l’ager et du saltus. Les dynamiques spatiales à l’œuvre, lorsque la plante se répand, résident dans un déplacement plus ou moins rapide de la lisière entre l’infield et l’outfield. Cartographier et dater les étapes successives de sa diffusion spatiale pourrait donc être un moyen d’étudier le rythme d’une déprise agraire particulièrement marquée dans le « rural profond » à la fin du XXe siècle (Damette et Scheibling, 2011, p. 74-83). La propagation actuelle du spartier est, par ailleurs, vraisemblablement facilitée par son semis le long des autoroutes afin qu’il retienne la terre des talus et agrémente le paysage de sa belle floraison printanière : les axes de transports jouent le rôle de corridors végétaux en direction du nord de la France, où la plante est encore peu présente.



En revanche, il faut bien avoir à l’esprit que, entre le XVIIe et le XIXe siècle, le genêt n’a pas été planté ni semé pour des considérations esthétiques ou du moins pas en grandes quantités. En effet, il a certes été un végétal décoratif, mais uniquement confiné aux « jardins des curieux » (Jaucourt, 1767) de sorte que ce caractère n’a guère dû entraîner sa diffusion que d’une manière extrêmement modérée.



À l’époque, c’est donc son comportement de plante de colonisation spontanée des friches qui a été un déterminant majeur de la présence du genêt, tout comme de nos jours. Au cours du temps, lorsque les conditions naturelles lui sont favorables – c’est-à-dire grosso modo dans toute la France méditerranéenne, si l’on se limite à la France – il a pu entrer en jeu et même triompher à chaque fois que la situation économique et démographique a forcé les sociétés humaines à abandonner des pans entiers de leurs terroirs. Ainsi, pour l’historien de l’environnement comme pour l’écologue, le spartier doit bien être considéré comme un marqueur de déprise (Durand, 1998, p. 187).



B. Une plante diffusée artificiellement



Cependant, le genêt a parfois représenté, pour les sociétés humaines, autre chose qu’une simple plante sauvage. Il a également fait l’objet d’une véritable culture en tant que plante textile, essentiellement (4) dans la région de Lodève, en Languedoc méditerranéen.





Fig. 1 : L’aire de production du linge de genêt en Lodévois et dans le nord du Biterrois du XVIIe au XIXe siècle



Là, sous l’Ancien régime et encore au XIXe siècle, il était utilisé par les paysans pour ses fibres qui, après un rouissage selon des techniques proches de celles du chanvre, fournissaient une toile domestique échappant aux circuits commerciaux. Dans le même temps, outre cette exploitation principale, les paysans faisaient du spartier des usages secondaires. Ainsi avaient-ils observé que ses racines retenaient la terre contre l’érosion sur les pentes rocheuses les moins fertiles, rendant possibles des semis de grains après quelques années ou décennies de présence des genêts sur ces lisières habituellement incultes. Leur absence de connaissances chimiques ne leur permettait pas de comprendre comment les nodules des racines de cette légumineuse fixent l’azote atmosphérique dans le sol, mais ils avaient remarqué que la présence de genêts, sur un sol destiné à recevoir des céréales ou d’autres grains par la suite, était favorable à la fertilité. En hiver, ils utilisaient aussi les genêtières comme pâturage pour leur bétail, principalement dans les périodes de manque relatif d’autres végétaux et de manière modérée. À tort, le naturaliste du XVIIIe siècle Auguste Broussonnet attribue même au spartier un intérêt apicole. La plante peut aussi servir à confectionner des balais, ou encore être brûlée pour chauffer les fours et les maisons. Enfin, on ne peut exclure un usage dans la parfumerie, la teinturerie même, ou la pharmacie (Olivier (dir.), 2009, p. 40-51 ; Fabre et Olivier, 2013, p. 32-33).



C. Pour une géographie historique du genêt



On voit donc tout l’intérêt qu’ont pu avoir les hommes à entretenir – disons même à cultiver – les terrains couverts de genêt, ce dernier apparaissant bel et bien comme un végétal « social », étroitement déterminé par la volonté des hommes. Dans un tel contexte, la présence d’une plante comme le spartier peut s’appréhender selon une perspective située à la confluence des préoccupations des historiens et des géographes, afin de tenter une géographie historique, en examinant le végétal comme marqueur de l’appropriation et de la gestion d’un territoire par une société humaine. Il ne s’agit pas de chercher dans l’actuel des racines passées, d’abord parce que le spartier était déjà présent en Lodévois avant l’apogée de son exploitation aux XVIIIe et XIXe siècles, si bien que sa grande profusion dans les friches actuelles ne saurait être interprétée comme résultant seulement d’une mise en culture à la charnière entre les époques moderne et contemporaine. Ensuite, ce ne peut être une étude des héritages de l’histoire dans la géographie parce que le spartier est aussi présent naturellement dans tout le bassin nord-occidental de la Méditerranée, en des lieux où aucun texte connu ne l’atteste comme cultivé à des fins textiles ; ce second argument allant lui aussi à l’encontre de l’hypothèse irrecevable d’un genêt répandu de manière anthropique à cause de son exploitation. Et enfin, les XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ne peuvent expliquer l’écologie du genêt parce que, s’il fallait vraiment chercher aux peuplements actuels une origine anthropique, c’est plutôt du côté de la Seconde Guerre mondiale puis de l’après-guerre qu’il faudrait se tourner, lorsque les autorités françaises ont cherché à stimuler une reprise de l’exploitation de la plante à des fins textiles. À ce moment, les campagnes du Lodévois ont connu une nouvelle mise en culture du spartier, dans un but industriel, laquelle a remodelé les aires de présence passée de la plante (Fabre et Olivier, 2013).



Le lien entre les territoires du genêt de l’Ancien Régime et les paysages actuels n’est donc pas avéré ; de plus, les usages de la plante et, partant, ses modes de dissémination ont beaucoup varié depuis deux siècles. En revanche, l’époque à laquelle le genêt était simultanément un végétal spontané des friches et une plante exploitée pour ses fibres, son rôle agronomique ainsi que son utilisation pour l’élevage constitue un temps de l’histoire se prêtant particulièrement à une approche spatiale. Voilà qui invite à une géographie de phénomènes qui se sont produits dans le passé, ce que Pierre Flatrès appellerait sans doute géographie rétrospective (Flatrès, 1994), ou que les chercheurs anglo-saxons nommeraient historical geography (Baker, 1994 ; Flatrès, 1994 ; Baker, 1995, p. 41). Voyons donc à présent les dimensions spatiales de la présence du genêt, inscrites tantôt dans des dynamiques d’enfrichement spontané et tantôt au contraire dans une logique de défrichement par l’homme, mais aussi parfois comme résultat de semis volontaires par les paysans.



 II. Au XVIIe siècle, le genêt se développe spontanément



Le manque de documents planimétriques ne permet pas toujours de cartographier précisément les phénomènes liés au genêt, en particulier pour les XVIe et XVIIe siècles (Dainville, 1964 ; Husson, 1984 ; Laboulais (dir.), 2008 ; Husson, 2011, p. 107-118). On peut néanmoins quantifier la présence du spartier sur près de deux siècles et appréhender une partie des dimensions géographiques de sa prolifération. Tout au plus, une cartographie d’aires extrêmement restreintes – quelques parcelles composant un domaine où prend place le genêt – pourrait s’envisager, mais seulement en les dessinant approximativement et schématiquement à l’aide d’indices topographiques glanés dans des actes notariés, les descriptions rédigées des confronts de documents fonciers ou des sources judiciaires qui décrivent l’environnement d’un litige. Mais une localisation précise de toutes les genêtières d’un secteur est impossible pour cette époque précoce.



A. Peu de genêts dans un espace très anthropisé au XVIe et au début du XVIIe siècle



D’abord, au XVIe et au début du XVIIe siècle, les quelques compoix – anciens cadastres – conservés ne mentionnent le spartier qu’épisodiquement, ce qui suggère sa grande rareté dans un paysage très anthropisé.



Tableau : Les surfaces en genêts dans une partie des compoix d’un grand Lodévois aux XVIe et XVIIe siècle





(sources : Arch. dép. Hérault, sauf indication contraire)



 



Les deux compoix et le terrier (6) du XVIe siècle conservés pour des localités du Lodévois pratiquant ultérieurement l’exploitation du genêt ne livrent absolument aucune genêtière. Aux limites du diocèse civil, dans le nord du Biterrois, un compoix lacunaire de Dio-et-Valquières antérieur à 1579 indique cependant une seule « giniestieyre » parmi des milliers de parcelles.



À partir de 1600, les compoix deviennent assez nombreux pour fournir une trame globale de l’occupation du sol dans une dizaine de communautés d’habitants. Il en ressort que les genêts sont toujours très rares en ce début du XVIIe siècle. Ainsi, il y a seulement quatre genêtières dans le compoix de la communauté des Plans de 1604. Certes on ne peut exclure tout à fait l’éventualité que l’absence de genêts dans certains compoix résulte simplement d’un choix de désignation et d’enregistrement par les agents cadastraux. Il doit bien y avoir, à côté de genêtières que l’on suppose relativement homogènes du point de vue botanique, des terrains de garrigue où le genêt existe mais sans dominer au sein de combinaisons végétales hétérogènes quant aux espèces concernées. On touche ici à la pertinence de la documentation fiscale habituellement utilisée par les historiens de l’agriculture et des paysages. Une parcelle est désignée en fonction de ce qu’elle représente pour le paysan et pour le percepteur, du point de vue de la production principale qu’elle supporte. Mais le registre foncier n’a pas vocation à décrire la totalité des plantes qui poussent en un lieu (Jaudon, 2007 ; Olivier, 2007). Une ginestiere supporte donc inévitablement d’autres végétaux « sauvages » et, inversement, des genêts poussent sur d’autres types de parcelles sans que les archives permettent d’accéder à la connaissance précise du couvert floristique.



Néanmoins, quelques indices rassurent sur la qualité et la précision du travail des arpenteurs et de leurs équipes. Ainsi, Martin Revel, l’un des entrepreneurs de compoix les plus actifs en Lodévois au début du XVIIe siècle (Appolis, 1966, p. 152 ; Jaudon, 2011, p. 454-457), y compris dans des registres qui ignorent le genêt, recense à Pézènes, grand finage du nord du Biterrois, plusieurs « ginestyeres » en 1603 (7). C’est aussi lui qui porte, dans le compoix de Lacoste en 1606, une unique « ginestiere », preuve de la rigueur de son travail. En effet, s’il avait voulu simplifier, il aurait pu tout simplement bannir le mot « ginestiere » de son vocabulaire et employer un terme plus général désignant l’inculte.



La toponymie renforce la conviction. Il existe en effet à la même époque des noms de tènements évoquant le genêt, mais leurs parcelles supportent d’autres types d’occupation du sol que la genêtière. Cet état de fait dénote, comme le montrent bien les toponymes en rapport avec l’olivier (Casado, 2007), soit une présence passée de la plante en abondance, soit au contraire une présence de la plante mais suffisamment rare et exceptionnelle pour qu’elle ait pu donner naissance à un toponyme. Il en est ainsi du « tènemen de la Ginestiere » aux Plans en 1604. À Pézènes il existe en 1603 deux toponymes fondés sur le genêt : « la Ginestiere del Moly del vent » et « la Ginestyere », mais il n’y a là que des champs (8). À Mourèze, il y a en 1611 un « bosq, camp & garrigue al tenemen del Ginestas » (9).



On peut donc accorder un certain crédit aux compoix de cette époque pour connaître l’existence ou l’absence des genêtières. Au XVIe et encore jusqu’au début du XVIIe siècle, si l’on ne peut exclure la présence de quelques touffes de spartier isolées au milieu d’autres espèces végétales, s’il est également évident que le taxon est présent dans la région depuis avant l’époque moderne, et enfin si quelques parcelles sont dominées par le genêt d’Espagne voire ont un caractère monospécifique marqué, il n’en demeure pas moins vrai que cette plante apparaît comme extrêmement rare ou / et sans usage affirmé. En effet, le cas contraire justifierait une désignation explicite plus fréquente des terrains où poussent des genêts.



B. Une extension spatiale des friches, donc des genêts, au XVIIe siècle



Un peu plus tard, après les années 1630, les compoix font état de ginestieres qui se multiplient. Il s’agit là d’un indéniable essor spatial de la plante en contexte de déprise agraire, en pleine « crise » démographique du XVIIe siècle. Emmanuel Le Roy Ladurie a bien montré comment en Lodévois, dans ce qu’il nomme les « villages de la mort », la crise est plus précoce, plus grave et plus durable que dans le reste du Languedoc. Aussi, les biens en « non valeur » – c’est-à-dire délaissés par leurs propriétaires morts ou incapables de s’acquitter des impositions – s’étendent-ils (Le Roy Ladurie, 1966, p. 422-423, 533-537). Si l’historien des Paysans de Languedoc n’a pas travaillé sur le genêt, l’insertion de cette plante dans son raisonnement d’histoire de la conjoncture fournit tout de même des résultats extrêmement pertinents.



Ainsi, entre le compoix de la communauté des Plans de 1604 et celui de 1643, le nombre des ginestieres est-il multiplié par cinq : celles-ci passent de quatre à une vingtaine. Elles occupent cependant encore moins de 14 hectares, mais le mouvement d’essor est déjà amorcé. Cette situation se retrouve un peu partout dans la contrée autour de 1640. Ainsi, dans le compoix de Soumont, il y a dès 1638 un total de quatorze ginestieres, ce qui représente un hectare environ, alors que les compoix de 1501 et 1538 ne mentionnaient pas de ginestieres.



Vingt ans plus tard, les compoix de la région recensent des genêts en quantités encore plus grandes. Par exemple, en 1666 à Lauzières, les genêts couvrent entre 30 et 200 hectares sur 250 parcelles où ils apparaissent seuls ou conjointement à d’autres types d’occupation du sol. Au Bosc en 1670, près de 400 parcelles sont occupées totalement ou partiellement par une ginestiere. À côté, à Saint-Jean-de-la-Blaquière, dans les années 1680, un compoix lacunaire indique au moins 48 parcelles comprenant une « ginestiere » ou un terrain avec « gineste ». En 1696, à Soumont, il y a 141 genestieres soit 10 fois plus de parcelles concernées que soixante ans plus tôt et exactement 42 hectares soit quarante fois plus en surface que dans le compoix de 1638 !



C. Des genêts sur des terrains délaissés dans la seconde moitié du XVIIe siècle



Pendant cette expansion, aussi surprenant que cela puisse paraître à première vue, les actes notariés concernant des terrains en genêts demeurent extrêmement rares.



Ainsi, en 1641 au Bosc, le seigneur acquiert-il « une pièce de terre ginestiere » d’une sétérée (10) située au tènement de Lavoyronne. À Octon en 1662, une vente concerne deux genêtières, au tènement del Cabanis ; tout comme à Brenas une autre en 1664 porte sur une pièce de terre herme et ginestyere située au tènement de la Fon del Viel. En 1664 toujours, un partage de terres dans les finages de Salasc et Malavieille signale plusieurs ginestyeres. En 1685, lors de la vente par Pierre Lieuze de parcelles dans le « terroir » du Bosc, il y a « une pièce terre genestiere » au tènement de las Costes (11). Ces rares actes de mutations foncières se produisent dans des finages dont les compoix réalisés à la même époque indiquent pourtant l’abondance des genêtières.



De la même manière, les locations de terres impliquent très peu le genêt au XVIIe siècle. En 1629, le bail des terres de Raymond de Peyrottes au domaine de Basse concerne, entre autres, des ginestieres. Même si c’est un contrat agraire très précis quant aux façons à mettre en œuvre pour les autres cultures, aucune clause ne concerne ces ginestieres. En 1663, un arrentement de terres situées à Octon contient bien, entre autres, un champ et ginestyere localisé al Travers. Mais c’est un bail très vague ne contenant pas de clauses. En 1685, l’arrentement pour cinq ans par un habitant de Loiras de pratiquement tous ses biens, situés dans le finage d’Usclas-du-Bosc, prévoit parmi les récoltes la gineste. Mais les parcelles du domaine ne sont pas détaillées et aucune clause ne concerne spécifiquement cette production. En septembre 1690, enfin, lorsque Jacques Rey baille à Mathieu Bousquet divers biens situés à Liausson, le genêt intervient dans trois pièces de terre où il doit être semé mais pas préservé contre la dent des troupeaux. Ce bail qui contient des clauses propres à l’arbuste est exceptionnel pour l’époque, mais contrairement aux exigences des propriétaires un siècle plus tard, ici le preneur peut encore faire paître son bétail à sa guise jusque incluse la cinquième et dernière année du bail (12).



Ces actes notariés indiquent bien que les ginestieres existent, même s’ils ne se prêtent pas à leur quantification. La très grande rareté des mentions du genêt dans les clauses n’indique pas sa rareté réelle dans l’espace géographique, mais plutôt l’absence d’intérêt à son égard. Malgré une multiplication des genêts avérée par les compoix au XVIIe siècle, les archives des notaires confirment bien que ces plantes restent délaissées. Certes des ginestieres sont mentionnées dans quelques transactions, mais on voit bien que ce ne sont pas les principaux objets de l’attention des paysans. Ce peu d’intérêt résulte des faibles besoins en genêts en un temps de démographie déprimée tandis que ces plantes spontanées se répandent en très grandes quantités. Autrement dit, si le spartier est présent, les interactions entre la plante et l’homme restent relativement limitées, et ce d’autant plus que les ginestieres se trouvent sur les marges de la partie des finages mise en valeur, donc loin des hommes. Le genêt est une plante de lisière entre ager et saltus ; il pousse parmi les vignes et surtout les hermes, bois, garrigues ou autres rochers, sur les pentes périphériques par rapport aux jardins potagers proches des maisons et aux champs fertiles qui produisent les céréales panifiables. Les indices topographiques et toponymiques des compoix ou des actes notariés (Lavoyronne, le Cabanis, les Costes, le Travers, etc.), repérés et situés à l’aide des documents fonciers, confirment la position marginale de ces terrains par rapport au cœur des terroirs cultivés.



III. Aux XVIIIe et XIXe siècles, le genêt franchit la lisière



Au siècle suivant, le contexte se transforme. Un changement intervient dans le premier tiers du XVIIIe siècle et s’amplifie dans les décennies suivantes. Cette mutation réside avant tout dans l’attention nouvelle prêtée par les paysans au genêt. Pendant ce temps, les ginestieres demeurent très nombreuses, voire deviennent un peu plus importantes encore.



A. Des genêts exploités en abondance entre Lodévois et Biterrois



Il n’est pas primordial de quantifier précisément les ginestieres dans les compoix du XVIIIe siècle afin d’évaluer cet éventuel accroissement. D’abord parce que ce type de documentation devient moins abondant qu’au siècle précédent (Jaudon, 2011) ; et ensuite parce que les compoix qui sont alors réalisés concernent, dans la plupart des cas, des communautés pour lesquelles on ne dispose pas de documentation similaire du XVIIe siècle, ce qui rend impossible toute comparaison. Outre ce biais documentaire, lorsqu’un compoix est disponible les ginestieres y abondent tellement que la tâche serait immense pour un bien maigre résultat. Si l’on souhaite une quantification plus pertinente, sur un territoire vaste et de manière simultanée, mieux vaut prendre en compte, grâce à une documentation sinon parfaite (Olivier, 2007) du moins plus homogène, la période d’apogée de l’exploitation du genêt, lors de l’élaboration du cadastre « napoléonien », décidé par une loi de 1807 mais réalisé en Lodévois essentiellement durant les décennies 1820 et 1830. Il en est de même si l’on souhaite établir une cartographie de l’aire de culture du genêt. En effet, contrairement au XVIIe siècle, lorsque l’on était tributaire des compoix existants, c’en est fini de la carte forcément lacunaire des communautés renseignées, puisque toutes les communes du Lodévois sont arpentées vers 1830. La zone du production de linge de genêt apparaît alors nettement comme confinée dans le tiers sud-ouest de ce qui constituait le diocèse civil de Lodève sous l’Ancien Régime.





Fig. 2 : Les surfaces occupées par les genêts dans le sud du Lodévois vers 1830 (en % de la surface totale de chaque commune)



Sources : Arch. dép. Hérault, Sous-série 3 P, cadastres « napoléoniens ».



 



On verrait qu’elle se prolonge vers l’ouest si l’on cartographiait la présence des ginestieres encadastrées dans le nord du Biterrois (Fig. 1). Les cadastres permettent aussi de changer d’échelle afin d’observer la configuration précise des lieux supportant les ginestieres, et ce plus facilement que les compoix du XVIIe siècle du fait qu’un plan leur est associé.



B. Des genêts en des « terres mouvantes »



Utilisons-les pour mieux comprendre la géographie historique des terrains en genêts. Pour cela, au lieu de chercher à localiser toutes les genêtières du Lodévois, mieux vaut prendre en compte quelques terrains et en analyser la configuration spatiale avec finesse. Cette démarche peut aussi être mise en œuvre sur la durée, en remontant dans le temps afin de rechercher dans un compoix antérieur certains des terrains cartographiés dans le cadastre « napoléonien ». Mieux, pour le XVIIIe siècle, il est possible de remonter vers des plans parcellaires antérieurs au cadastre. En effet, les progrès de l’arpentage et de la cartographie aidant, on dispose alors de quelques plans-terriers (Olivier, 2002). Comparons donc des plans parcellaires des dernières décennies de l’Ancien Régime et de l’époque de la Monarchie de Juillet, lorsque le genêt est très exploité.



À Saint-Jean-de-la-Blaquière par exemple, la trentaine de genêtières consignées dans le cadastre des années 1830 ne se situent pas au même endroit que la soixantaine représentées sur le plan-terrier confectionné pour l’évêque de Lodève environ un demi-siècle plus tôt.





Fig. 3 : Le genêt dans les dynamiques de l’occupation du sol d’une partie du finage de Saint-Jean-de-la-Blaquière entre les années 1780 (à gauche) et les années 1830 (à droite).



Sources : Arch. dép. Hérault, G 3873, plan-terrier, années 1780 ; 3 P 2541 et 3 P 3696, cadastre « napoléonien », 1834-1835.



 



Les ginestieres ne forment pas non plus, comme on aurait pu s’y attendre, une vaste aire périphérique d’un seul tenant. Certes elles sont sur les terrains médiocres et non sur les plus fertiles, mais elles ne sont pas – ou plus – sur la lisière extrême de l’infield, à quelques exceptions près. Souvent, elles se trouvent au contraire dispersées au sein d’une véritable « peau de léopard », une mosaïque associant terres cultes et incultes dans la vaste aire située entre le cœur fertile des finages et leurs marges stériles. Ce n’est donc pas le sol – ni les éléments naturels en général – qui détermine le couvert végétal sur de vastes étendues en friche mais, bien au contraire, ce sont les choix des hommes qui créent l’occupation du sol. Outre l’initiative de choisir les plantes exploitées à tel ou tel emplacement, on voit aussi que les paysans modifient régulièrement la mise en culture, et qu’un même terrain peut être successivement « herme » puis « genêts », ou bien « ginestiere » puis « vigne » ou « terre ». Mais on n’observe pas de tendance globale similaire dans tous les finages. D’abord, il n’y a pas d’essor ubiquiste des genêts, qui pourrait être interprété comme un signe de déprise agraire laissant ces arbustes se répandre anarchiquement. Ce n’est pas surprenant, puisqu’on sait que les années 1830 sont l’époque de l’apogée du peuplement des campagnes françaises, avant que ne s’amorce l’exode rural. C’est un temps de défrichements ainsi que d’essor démographique, et les genêts n’ont donc pas de raison de proliférer spontanément. Inversement, on n’observe pas non plus de recul omniprésent et simultané des genêts, qui pourrait traduire l’avancée des fronts pionniers contre la garrigue. Au contraire, les genêts se maintiennent (Fig. 2) : c’est que leur présence est devenue un choix, et non plus un pis-aller sur des terrains qui seraient durablement laissés en marge. Les conditions de l’agriculture évoluent ; rien n’est figé (Moriceau, 2002).



C. Le genêt dans les rotations de cultures



La cartographie des dynamiques spatiales de la plante aide à comprendre les mécanismes à l’œuvre et à lever l’apparente contradiction d’un spartier en essor en un temps de défrichements. C’est que, à la fin du siècle des Lumières, les genêts ne sont plus seulement spontanés mais ils sont aussi entrés dans des logiques de mise en culture.



Il reste à comprendre le système dans lequel s’intègrent les genêts. Pour cela, mieux vaut se focaliser à présent sur une documentation plus qualitative, les baux, afin de mettre en évidence les informations qu’ils contiennent et qui peuvent être analysées en termes de géographie historique. Les contrats agraires – qui mentionnent désormais très fréquemment le genêt, contrairement au XVIIe siècle – confirment que la plante dont on cueille les rameaux en Lodévois aux XVIIIe et XIXe siècles n’est pas toujours « sauvage », puisqu’il est souvent question de sa graine, fournie par le bailleur. Le semis intervient après un léger labour dans les terrains les plus maigres, y compris dans des clairières temporairement mises en valeur au milieu du saltus. Puis, les genêts sont arrachés au bout de quelques années, afin de réaliser ensuite plusieurs récoltes successives de grains, les cultivateurs profitant de leur rôle de fertilisant naturel de la terre. Lorsque le sol s’épuise à nouveau, les paysans peuvent revenir à la culture du genêt plutôt que de laisser l’enfrichement se produire.





Fig. 4 : Les rotations intégrant les genêts en Lodévois vers la fin du XVIIIe siècle



Sources : Arch. dép. Hérault, Sous-séries 2 E, Notaires et 10 Bp, Justices ordinaires ; Liasse C 2827, Défrichements.



 



Dès lors, chaque année, les bêtes sont tenues hors des ginestieres à partir du printemps afin de garantir la récolte estivale de fibres textiles. Les arbustes sont aussi taillés sommairement à la serpe, puis les vieux plants âgés de six ans sont recépés afin de les régénérer. Les sources judiciaires confirment, en négatif, à travers la narration de certaines transgressions, quelle est la norme qui aurait dû être respectée. Des savants, comme Auguste Broussonnet, poussent à culture du genêt, même s’ils ne font qu’accompagner un mouvement dont ils ne sont en aucun cas les initiateurs (Olivier, 2005 ; Olivier (dir.), 2009).



Conclusion



Le genêt d’Espagne présente donc un intérêt du point de vue de la géographie historique. Il se développe prioritairement dans la zone d’estran située à l’interface entre le cœur de l’ager et l’inculte « structurel » des parties rocheuses les plus hostiles à l’agriculture et à l’élevage dans les finages méditerranéens. Mais la comparaison de plusieurs couples de plans diachroniques indique aussi que, aux XVIIIe et XIXe siècles, le genêt est maintenu par l’homme, qui cherche désormais à utiliser au mieux les ressources de son environnement afin de faire face à une forte croissance démographique. Il quitte alors l’outfield pour venir dans le champ, à moins que ce ne soit la nouvelle extension des terres cultivées sous l’effet de la pression démographique qui englobe peu à peu dans l’ager les maigres terrains des pentes où on ne peut rien faire pousser durablement sans le genêt. Toujours est-il que, jusqu’au déclin de son exploitation dans la seconde moitié du XIXe siècle, le genêt d’Espagne participe – sur des surfaces toujours minoritaires, certes – à la mise en valeur de lisières assez floues entre espace cultivé et espace inculte. Plus qu’une véritable interface linéaire, la marge subit en effet essentiellement une forme de mitage du saltus où se mêlent de véritables cultures au sens classique du terme, des garrigues plus ou moins boisées et des genêtières.



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Notes



(1)  En fait, ce n’est pas un « vrai » genêt selon la classification des botanistes d’aujourd’hui (Lieutaghi, 2004, p. 649).



(2) Cf. aussi http://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-65481 (consulté le 23 septembre 2013).



(3) Une histoire de la conjoncture du genêt à l’époque moderne a été publiée (Olivier, 2005). Quant à la question du genêt dans la lisière entre infield et outfield, elle a déjà été étudiée, mais seulement pour l’époque contemporaine (Fabre et Olivier, 2013).



(4) Il semble même que l’on puisse écrire « exclusivement » si l’on prend seulement en compte la France et la période des XVIIe-XVIIIe siècles. Mais si l’on élargit le propos à l’échelle de l’Europe méditerranéenne, le genêt d’Espagne est également une plante textile dans d’autres pays, surtout en Italie et dans les Balkans. Au XIXe et au XXe siècle, en France et ailleurs, se produisent des tentatives pour diffuser l’exploitation artisanale du genêt.



(5) Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l’Hérault, Photocopies du compoix de Dio-et-Valquières, XVIe siècle. Merci à Isabelle Commandré et Vivien Vassal qui m’ont communiqué ce document.



(6) Arch. dép. Hérault, 268 EDT 1, Livre de reconnaissances des terres situées sur le terroir de Saint-Jean-de-la-Blaquière, 1535 (fragmentaire).



(7) Arch. mun. Pézènes-les-Mines, Compoix, 1603, passim.



(8) Arch. mun. Pézènes-les-Mines, Compoix, 1603, f° 6 r°, 14 r° et passim.



(9) Arch. dép. Hérault, 175 EDT 8, Compoix de Mourèze, 1611, f° 33 v°.



(10) Soit environ un quart d’hectare (Appolis, 1951, p. 605-607).



(11) Arch. dép. Hérault, minutes des notaires : 2 E 39 / 913, Firmin Seguret, Saint-Jean-de-la-Blaquière, 10 mai 1641, f° 155 v°-156 v° ; 2 E 26 / 314, Jean Forest, Salasc, 11 novembre 1662, non folioté ; 2 E 26 / 112, Fulcran Delpon, Clermont-l’Hérault, 16 janvier 1664, f° 308 r°-309 r°, et 14 mai 1664, f° 394v°-402r° ; 2 E 40 / 503, Pierre Capoulade, Saint-Jean-de-la-Blaquière, 9 décembre 1685, f° 119 v°-120 v°.



(12) Arch. dép. Hérault, minutes des notaires : 2 E 26 / 301, Jean Forest, Salasc, 1er septembre 1629, f° 22 r°-24 r° ; 2 E 26 / 112, Fulcran Delpon, Clermont-l’Hérault, 7 novembre 1663, f° 244 r°-246 r° ; 2 E 40 / 504, Pierre Capoulade, Saint-Jean-de-la-Blaquière, 20 septembre 1685, f° 78 r°-79 v° ; 2 E 26 / 134, Claude Pons, Clermont-l’Hérault, 6 septembre 1690, n° 77.



 


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