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N°6-7 mai-novembre 2015 : Les médias : approches géohistoriques et géopolitiques:

Le soft power et les médias chinois peuvent-ils servir l’ambition de séduire les pays africains ?

Shuang HE


Par Shuang HE (doctorante en Géopolitique à l’Institut français de Géopolitique-Université Paris 8). L’auteur prépare une thèse de doctorat, financée par le China Scholarship Council depuis 2013, sur le « soft power » et l’Influence de la Chine dans la région de l’Asie Pacifique à travers les médias chinois » sous la direction du Professeur Philippe Boulanger.



Résumé : Depuis ces dernières années, la culture traditionnelle et les grands médias sont mis en évidence par la Chine pour promouvoir son « soft power ». Ses efforts, notamment en Afrique, suscitent l’intérêt de l’Occident au sujet de l’influence douce et l’ambition médiatique. Trois courants de pensée liés à la notion de « soft power chinois » peuvent être distingués dans les discours des analystes et des dirigeants chinois. En fait, l’influence des médias et du « soft power" chinois ne rencontre pas, pour l’instant, de véritable succès sur le continent africain.



Mots-clés : soft power, soft power chinois, médias chinois, Afrique



Abstract : Since the recent years, the traditional culture and the mass media are highlighted in order to promote the soft power of China. These efforts, especially in Africa, intrigue the westerners to focus on the soft influence and the media ambition of China on Africa. According to experts and Chinese leaders, the author concluded three representative schools of thoughts on the issue of Chinese soft power, explains the media battle of China in Africa, and discovers that media influence and soft power of China have been fortified only  in countries with traditionally friendly relations with China. But for now, no real success has been seen on the African continent. In the end, the author explores the limits of Chinese media in its effort to attract African people.



Keywords : soft power, Chinese soft power, Chinese media, Africa



 



Le « soft power » est un concept inventé et développé par le politologue Joseph Nye aux Etats-Unis dans un contexte de mondialisation des échanges au début des années 1990. C’est l’idée que, en opposition au « hard power » (la force militaire et économique) qui met en lumière l’usage de la contrainte et de l’incitation (la politique de la carotte et du bâton), le « soft power » est le pouvoir d’attraction et de séduction par la culture, les valeurs, l’idéologie et la politique d’un État pour renforcer sa puissance et influencer les affaires internationales [Nye, 2004]. Cette expression fait florès ces dernières années en Chine dans un contexte de maintien de la superpuissance des Etats-Unis sur la scène internationale. En effet, au cours des dernières années, reposant sur son pouvoir économique, la Chine a fait beaucoup d’efforts pour accroître son soft power et promouvoir son image pacifique, dynamique et amicale en Afrique à travers ses médias officiels. Ces efforts ont attiré l’attention des nombreux analystes et des décideurs politiques occidentaux qui ont exprimé leur préoccupation quant à l’augmentation de l’influence de la Chine en Afrique, de ses pratiques du « soft power ». On s’est beaucoup demandé si la Chine possède véritablement un « soft power » pour séduire les pays africains. Quel rôle les médias chinois attribuent-ils au « soft power » dans la stratégie de développement de la Chine en Afrique ? Pour répondre à cette problématique, la première partie aborde la manière dont les intellectuels et les décideurs chinois définissent et interprètent le « soft power chinois ». La seconde partie traite de l’action et de la diversification des médias chinois. Enfin, une troisième partie soulignera les limites de leur action.



 



I. Le « soft power » à la chinoise



A. La popularité croissante du « soft power » en Chine



Wang Huning, professeur de l’université Fudan à Shanghai et membre du Comité central du Parti communiste chinois, est la première personne qui introduit cette question en Chine, dans son article « La culture comme puissance nationale : soft power » publié en 1993. Il reprend les idées de Nye, tout en faisant de la culture la principale source du soft power d’un État. Mais son article est sorti trop peu de temps après la politique de hard power lancée par le gouvernement chinois pour réprimer la manifestation de la place Tiananmen (juin 1989). Cet article a finalement peu d’impact en Chine lors de sa publication.



Ce concept n’a rencontré de véritable écho qu’au milieu des années 2000. En janvier 2006, l’ancien président Hu Jintao a dit, à la réunion de direction du collectif des Affaires étrangère, que l’accroissement du rôle international de la Chine et son influence « devront être démontrée par le biais d’un hard power tels que l’économie, la science et la technologie, ainsi que par le soft power comme la culture ». Mais c’est en 2007, à l’occasion du 17e Congrès national du PCC, que le « soft power culturel » a été présenté pour la première fois et est officiellement devenu une partie importante du programme politique. Le président Hu a insisté sur l’urgence de construire, en Chine, un « soft power culturel » et une influence internationale de la culture chinoise suffisamment forte pour répondre aux besoins nationaux et à la compétitivité internationale. Au lendemain de cet évènement, le «soft power culturel » de la Chine a fait les titres sur de nombreux journaux.



En 2012, le rapport du 18e Congrès du PCC a souligné que: « la culture est le sang d’une nation et le foyer spirituel du peuple, nous devons promouvoir la prospérité et le développement de la culture socialiste (…) ». Afin de construire une société modérément prospère et réaliser le grand renouveau de la nation chinoise, nous devons renforcer le « soft power culturel » qui peut éduquer le peuple, servir à la société. En novembre 2013, la quatrième session du forum de recherche du « soft power culturel» de la Chine a eu lieu à Beijing. Les experts chinois ont insisté sur l’importance du « soft power » dans la construction d’un pays socialiste moderne, prospère, démocratique, civilisé, harmonieux, et la réalisation du rêve du grand renouveau de la nation chinoise.



Le « soft power » est devenu un sujet de discussion parmi les intellectuels et les journalistes chinois. Cette observation est justifiée par le nombre d’articles concernant le « soft power » qui ont été publiés dans des revues chinoises sur la base de données du CNKI (Infrastructure du savoir national chinois). En cherchant dans deux catégories mentionnées dans les revues chinois –science humaine et philosophie/science sociale– il en résulte que, de 1999 à janvier 2015, 4 330 articles comportent l’expression de « soft power » dans leur titre. Pour la période 1999-2003, la recherche n’indique que 5 articles. La même recherche pour la période 2004-2006 indique que le « soft power » est mentionné dans 99 articles et dans 1 134 articles de 2007-2009. De 2010 à 2012, 1 888 articles montrent, de 2013 au janvier 2015, 1 204 articles apparaissent avec cette expression. Cette expression est devenue ainsi populaire dans tous les domaines d’activités chinoises.



B. Le concept du « soft power chinois » et l’importance des médias chinois



Nye identifie trois vecteurs essentiels pour la construction du « soft power » : la culture, les valeurs politiques et les politiques étrangères [Nye, 2004]. Il est évidemment que la Chine ne dispose pas des mêmes moyens que la puissance américaine, sur le plan culturel et politique. Mais les pays qui tendent à devenir une puissance régionale ou mondiale développent leur propre modèle du « soft power » et utilisent leurs propres ressources, s’appuyant sur leur Histoire et leur culture pour y parvenir [Boulanger, 2014].



En ce qui concerne la définition chinoise du « soft power », la majorité des auteurs chinois respectent la définition développée par Nye. Toutefois, ces dernières années, nous constatons que les analyses chinoises se conforment plus au contexte chinois. Les ressources du « soft power » comprennent des caractéristiques différentes du concept initial proposé par Nye. Même si les experts chinois ne traitent pas du « soft power chinois » de manière identique, nous pouvons identifier trois courants de pensée représentatifs : « l’école culturelle », « l’école politique » et « l’école du rayonnement ».



a) « L’école culturelle » est le courant dominant parmi les experts et les dirigeants chinois sur ce sujet. Cette école découle en grande partie du concept du « soft power » introduit dans l’article de Wang Huning et des discours officiels développés par le PCC en raison de l’importance qu’elle accorde à la culture. Le « soft power culturel » est l’expression chinoise du concept du « soft power » proposé par Nye [Jiang, 2008 ; Qiu 2010 ; Hu, 2011 ; Zhang, 2011 et 2013 ; Yu, 2014]. À la différence du concept de Nye qui considère la culture comme un vecteur essentiel, la culture apparaît centrale dans le concept chinois du « soft power ». Comme le souligne Yu Xintian, directrice émérite de l’Institut de l’étude internationale de Shanghai, « les valeurs culturelles déterminent nos attitudes et perspectives envers tout le monde, elles sont réelles, sont mobiles et auront l’effet pragmatique énorme (…). Le soft power se compose d’idées et de principes et de mesures politique qui opèrent à l’intérieur de la culture d’une nation qui ne peuvent ne être séparés (…) ».



Toutefois, les auteurs de « l’école culturelle » développent le « soft power culturel » de manière différente. La majorité des tenants de cette école insistent sur le fait que la culture traditionnelle de la Chine constitue les principaux éléments du « soft power culturel chinois ». La culture traditionnelle chinoise est un des courants principaux de la culture du monde qui contient le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, et d’autres écoles classiques de la pensée. Huntington souligne, dans  Le choc des civilisations, que les confits dans le futur sont engendrés par les identités et la culture. Il craint que la civilisation occidentale ne s’oppose davantage à la civilisation chinoise et à la civilisation islamique [Huntington, 2000]. Mais dans les valeurs culturelles traditionnelles chinoises, les notions d’ « harmonie » (he) et d’ « harmonie sans supprimer les différences » (he er bu tong) sont essentielles. Les pensées traditionnelles chinoises mettent l’accent sur l’égalité, l’honnêteté et le bénéfice mutuel pour avoir une harmonie entre l’homme et l’humanité (tian ren he yi), et pour promouvoir le développement harmonieux entre les différentes civilisations. Les analystes chinois indiquent souvent que, grâce à la grande culture, la nation chinoise dispose d’une longue histoire et influence l’Asie depuis des millénaires. La culture englobe les deux autres sources du « soft power » proposées par Nye  d’après les partisans de « l’école culturelle » : les valeurs politiques et la politiques étrangère.



Une autre partie des partisans de cette école de pensée considère que le pouvoir de la compétitivité culturelle est une partie essentielle du « soft power culturel ». Ces auteurs chinois sont mécontents de la faible compétitivité des produits culturels au sein des industries culturelles mondiales. D’après « le livre bleu du soft power culturel", qui est un rapport de recherche sur le soft power culturel chinois (2010), les Etats-Unis se situent au premier rang en dominant 43% du marché culturel mondial. L’Asie Pacifique ne représente que 19% du marché, 10% pour le Japon, 5% pour l’Australie et 4% pour les autre pays. Sur le marché culturel mondial, la part de  l’industrie culturelle chinoise est inférieure à 4%. Depuis 2011, le gouvernement chinois lance une stratégie dite « la grande puissance culturelle » (wen hua qiang guo). Cette stratégie vise à favoriser l’industrie culturelle, renforcer la construction des marques culturelles, promouvoir des produits culturels chinois sur le marché international. L’objectif est d’affaiblir l’accent sur la compétitivité, de renforcer l’orientation interne, et de prendre le « soft power » comme une partie importante de la transformation de l’économie nationale. Mais certains analystes chinois considèrent que cette politique de revitalisation de l’industrie culturelle chinoise pourrait être mal interprétée. Elle pourrait susciter la crainte de domination du marché mondial par la Chine et le sentiment de « menace culturelle chinoise » [Hu, 2011 ; Men, 2011].



b) « L’école politique » considère que le pouvoir politique est le noyau dur de la puissance douce. Le tenant le plus réputé est Yan Xuetong, chercheur à l’Université de Tsinghua à Beijing. D’après lui, le « soft power chinois » réside dans le pouvoir politique des institutions politiques, dans ses normes et sa crédibilité, plutôt que dans le champ culturel. La crédibilité stratégique est au centre du pouvoir politique (Yan, 2007). Son concept a immédiatement suscité des critiques de la part de « l’école culturelle ». Premièrement, le pouvoir politique proposé par Yan est une force opérationnelle et le pouvoir culturel une capacité à exploiter parmi d’autres. Yan considère que la culture comme l’Histoire, la littérature et la philosophie n’influencent pas les attitudes et ne déterminent pas l’évolution de la posture chinoise dans le monde. Deuxièmement, le pouvoir politique doit agir sous la direction des valeurs culturelles au risque de devenir une « coquille » structurée par la politique {Yu, 2008].



c) « L’école du rayonnement » rassemble de nombreux auteurs chinois qui élargissent le cadre théorique du « soft power » de Nye, en mettant l’accent sur la promotion de toutes les ressources utiles : la culture, les valeurs, le modèle du développement, les institutions internationales, l’image et la représentation nationales, la diplomatie publique, le sport, les expériences de la réussite économique ou encore la médecine traditionnelle chinoise, la force nationale globale et le rayonnement international de la Chine [Li, 2008].



Toutefois, d’après ces trois courants de pensée, les médias chinois sont envisagés comme un des aspects les plus importants du « soft power chinois ». Les Chinois sont convaincus que leur pays ne possède pas suffisamment de moyens de communication pour diffuser sa propre voix et son vrai visage qui est souvent déformé ou mal interprété par les médias occidentaux. Selon les statistiques chinoises, aujourd’hui, les quatre grandes agences d’information (Associated Press, United Presse International, Reuters et l’Agence France-Presse) produisent les quatre cinquièmes des nouvelles dans le monde chaque jour. Dans de nombreux pays en voie de développement, 60% à 80% du contenu des programmes de télévision viennent des Etats-Unis. Les analystes chinois se préoccupent de la domination occidentale des médias qui peut résulter de leur « hégémonie culturelle». Les médias ne sont pas seulement les supports et les vecteurs de la communication culturelle. Ils sont eux-mêmes les noyaux du « soft power culturel chinois » [Jiang, 2008].  



 



II. Les médias chinois et leur offensive de charme en Afrique



A. Une stratégie médiatique sans précédent



En 2008, Li Changchun, le secrétaire général du département de la propagande, déclare un financement de 5.6 milliards d’euros pour construire un système médiatique moderne et efficace, renforcer l’influence des trois grandes médias d’État (CCTV, Quotidien du Peuple, l’Agence Xinhua), selon le South China Morning Post. Les grands médias nationaux doivent devenir des médias internationaux afin de diffuser la voix chinoise, promouvoir le modèle chinois, concurrencer les géants médiatiques occidentaux tels CNN et la BBC, et améliorer l’influence et la position internationale de la Chine.



Le 23 février 2009, People’s Daily lance officiellement sa version américaine puis, deux mois après, Global Times crée sa version anglaise. CCTV dispose d’une vingtaine de bureaux de correspondants à l’étranger, en partenariat avec plus de 200 groupes étrangers, possède des chaînes en anglais depuis 2006, en français et en espagnol depuis 2007. Le 25 juillet et le 10 septembre 2009, elle émet en arabe et en russe, et les vidéos sont également disponibles sur son site Internet. Radio China International diffuse des informations en 48 langues et comprend 150 partenariats internationaux. En octobre 2009, le premier Sommet mondial des médias a lieu à Beijing. En 2010, l’Agence Xinhua crée son réseau d’information télévisée continue en anglais (CNC world) à partir de son siège à New York et une chaîne de télévision nationale sur Internet (CNTV) est lancée. Les nouvelles technologies sont privilégiées, une convergence entre anciens et nouveaux médias est en cours de construction. Les sites Internet de ces grands médias de l’État lancent leurs versions web en plusieurs langues. Le Quotidien du Peuple est disponible en 8 langues, le China.org.cn peut être lu en 10 langues. Depuis quelques années, les sites Internet veulent être plus modernes, plus diversifiés, plus informatifs et moins propagandistes [Clérot, 2009]. En août 2013, CNTV lance une télé-réalité sur la vie de 80 pandas de Chengdu, dans le sud-est de la Chine, diffusé en direct, 24h sur 24. Les internautes peuvent accéder gratuitement aux programmes par le site Ipanda,com, Ipanda.cntv ou Ipanda Channel sur Youtube. Cette « diplomatie du panda » rencontre un grand succès jusqu’à aujourd’hui puisque les programmes sur son site officiel ont été regardés par plus de 40 millions d’internautes internationaux selon les chiffres de CCTV.



Malgré tout, cette ambition médiatique se heurte à plusieurs problèmes, notamment dans les pays développés. Pour les Occidentaux, il est difficile de prendre au sérieux les informations diffusées par CCTV ou publiées sur le Quotidien du Peuple parce qu’elles apparaissent comme peu crédibles et fausses, voire comme de la propagande. Selon les résultats de l’enquête mondiale sur « L’image nationale de la Chine » du Centre de recherche de la communication internationale du Bureau chinois des Affaires étrangères, de l’Institut Charhar et de Millward Brown en 2013, la réputation et l’attraction de la Chine sont relativement pauvres dans les pays développés et plus positives dans les pays en développement. Cette différence de perception est liée directement à la question des intérêts nationaux. Il semble que, dans les régions en développement, comme le continent africain et l’Asie du Sud-Est, la perspective du « soft power culturel chinois » est plus positive.  



Depuis ces dernières années, il n’est pas difficile de remarquer que les relations sino-africaines progressent de manière significative sur le plan économique. En 2009, la Chine a dépassé les Etats-Unis en tant que partenaire commercial le plus important en Afrique. En 2011, le volume du commerce bilatéral est passé à plus de 160 milliards dollars US. Pour la Chine, aujourd’hui, l’Afrique est le deuxième grand marché du travail et la quatrième grande destination pour les investissements des entreprises chinoises à l’étranger. Avec l’augmentation de l’influence chinoise en Afrique, la Chine a besoin de la contribution de son « soft power » et est convaincue que sa montée en puissance est le résultat du développement simultané de son « hard power » et de son « soft power ». En juin 2013, sur le Forum franco-chinois, le diplomate et géographe Michel Foucher souligne que  « chez les États traditionnellement puissants, la transition de la puissance à l’influence, dans un monde où la compétition ne porte plus sur des territoires et des idéologies mais sur des parts de marché, de innovations et des capacités d’attraction. À l’inverse, pour les acteurs économiques émergents, le soft power serait plutôt un complément de leur affirmation croissante ». La culture, la voix et le modèle chinois doivent s’étendre à travers les médias chinois pour accompagner la croissance de son influence en Afrique. Dans ce sens, le développement des médias chinois sur ce continent relève d’une véritable campagne de charme.



Par ailleurs, les auteurs chinois pensent que, pendant longtemps, le discours international est maîtrisé par les médias occidentaux et que les débats sur la Chine sont également conçus par ces derniers. La perception de la relation entre la Chine et les pays en développement, en particulier les pays africains et d’Amérique latine, serait une « image irréelle » construite à travers le prisme des médias occidentaux. La « théorie de la menace chinoise en Afrique », le «néo-colonialisme » ou « la recherche de l’énergie sans principes » viseraient à affaiblir les intérêts chinois et à dénoncer le « soft power chinois ». La Chine a ainsi besoin de faire entendre sa voix, de raconter son histoire et de montrer son « vrai visage ». C’est une logique d’auto-défense qui fait réagir les médias chinois. De plus, dans les rivalités de pouvoirs géopolitiques entre les médias internationaux à l’échelle mondiale, l’Afrique est en passe de devenir une plate-forme d’action importante. L’Afrique est pleine d’opportunités pour les médias chinois dans le contexte de recul de la place des médias occidentaux. Cette dernière raison explique en grande partie le déploiement des médias chinois en Afrique.



B. La présence des médias chinois en Afrique



En 2011, la Chine a investi plus de 12 milliards de dollars en Afrique dans les secteurs médiatiques. Basé à Nairobi, au Kenya, l’Agence Xinhua Afrique compte 23 bureaux, diffuse ses dépêches en chinois, anglais et français, offre également des reportages en vidéo et en image. Environs 60 journalistes et rédacteurs sont envoyés par son siège de Beijing, et plus de 400 journalistes et rédacteurs étrangers sont employés directement par ses bureaux africains. En 2011, chaque mois, l’Agence Xinhua Afrique envoie environ 1 800 articles en anglais et 2 000 en français, 2200 photographies et 150 vidéos à son siège en Chine et aux utilisateurs africains. Le nombre d’articles en anglais et en français sur l’Afrique dépasse largement le nombre d’articles similaires envoyés par AP, Reuters, AFP, ou d’autres grandes agences internationales. En outre, plus de 80% des articles de l’Agence Xinhua sont originaux. Depuis le 1e janvier 2011, la chaîne en anglais de CNC, organisée par l’Agence Xinhua, commence à diffuser des programmes atteignant 4 millions de foyers africains à travers les TV set-top Boxes, et finalement couvre l’ensemble du continent africain. Dans le même temps, « Xinhua mobile Journal » et « Xinhua SMS » lancés par l’Agence Xinhua Afrique commencent à fonctionner dans plusieurs pays africains. Dans les grandes villes, elle met en place également des écrans en plein air pour diffuser ses nouvelles.



Par rapport à l’Agence Xinhua, le centre africain de CCTV est fondé plus récemment à Nairobi au Kenya, et a débuté à la fin 2010. A cette époque, il existait seulement trois sites permanents au Nigeria, en Afrique du Sud et en Egypte. A partir de sa stratégie médiatique de l’influence, CCTV met en place une dizaine de nouvelles stations en Ethiopie, en Algérie, au Soudan, au Sénégal, en Tanzanie, au Zimbabwe, au Congo, en Angola, en Zambie et en Afrique du Sud. En janvier 2012, CCTV Afrique au Kenya est lancé officiellement et devient le premier bureau régional de CCTV à produire et diffuser un programme quotidien d’une heure sur les actualités africaines (« Africa Live ») sur son canal anglophone. Elle veut devenir une chaîne émettant « 24 heures sur 24 » à « l’horizon 2015 ». CCTV Afrique possède des studios HD de première classe et peut réaliser une variété de programmes, comme des reportages, des interviews plateaux, des in-situs en duplex ou en multiplex. Par ailleurs, CCTV Afrique peut profiter de ressources locales et exploiter les informations produites depuis son siège. Ces programmes renseignent ainsi le public africain sur les dernières nouvelles importantes sur la Chine ainsi que sur des informations internationales réalisées par les journalistes de CCTV dans le monde entier. De plus, ces programmes peuvent également être vus par le TV mobile « J’aime l’Afrique ». Jusqu’en 2012, CRI lance 20 stations de radio dans les pays africains. En tant que premier média chinois en Afrique, CRI peut diffuser des nouvelles en arabe, en anglais, en français, en hausa et en swahili. De plus, d’autres médias chinois en Afrique sont présents comme la revue La Chine et l’Afrique (en anglais et en français) qui est la première presse écrite en Afrique. Les supports médiatiques tendent ainsi à varier les contenus.



Les coopérations médiatiques sino-africaines au niveau gouvernemental sont également renforcées. En novembre 2013, le séminaire Chine-Afrique sur la coopération des médias se tient à Nairobi. Huit pays africains ont envoyé leurs représentants et professionnels des médias pour renforcer la coopération sino-Afrique et « atteindre un rêve commun ». En juin 2014, plus de 260 dirigeants africains, spécialistes des médias de 42 pays africains assistent à la deuxième session de ce séminaire à Beijing.



III. Les médias chinois peuvent-ils séduire les pays africains ?



A. Mesurer l’audience des médias chinois en Afrique



Malgré tout, la présence des médias chinois en Afrique ne trouve pas beaucoup d’écho. Les informations sur la Chine sont toujours dominées par les médias occidentaux. En septembre 2012, « L’étude et l’évaluation sur l’image de la Chine dans les pays africains », publiée par le Centre de recherche de la communication internationale du Bureau chinois des Affaires étrangères et Horizon Research Consultancy Group, montre que le public africain s’intéresse aux informations liées à la Chine. Par contre, l’influence des médias chinois aux yeux du public africain se trouve dans une situation désavantageuse. Les médias locaux seraient les principaux canaux d’information pour les Africains concernant la Chine et les médias occidentaux en saisissent les opportunités.



Par exemple, en Afrique du Sud, 81,4% de la population s’informe sur la Chine à travers les médias locaux, environ 42,5% des Sud-Africains reçoivent les informations liées à la Chine par les médias d’autres pays, 7,2% du public déclarent que les médias chinois en ligne sont leurs principales sources d’information, seulement 3,2% de la population choisissent les médias traditionnels chinois comme leurs principaux canaux pour obtenir des informations sur la Chine, et 46,7% du public annonce que dans tous les cas, ils n’utilisent pas les médias chinois. D’une part, News 24 (26.5%) est le premier choix pour accéder aux informations sur la Chine pour les Sud-Africains. New 24 est le plus grand site d’information en l’Afrique du Sud. D’autre part, les résultats de l’enquête pointent que les médias occidentaux manifestent une forte attraction pour le public en Afrique du Sud : CNN (16,4%), BBC (15,6%) et Google News (13%). Il semble que les médias locaux sont les premiers canaux d’accès aux informations sur la Chine et les médias occidentaux en sont les seconds. Cependant, en réalité, les médias occidentaux ont une grande influence sur les médias locaux africains en raison de la faible capacité des médias locaux à collecter de l’information. Par conséquent, de nombreux reportages citent directement les médias occidentaux. Ensuite, les médias traditionnels africains maintiennent une coopération étroite avec les médias occidentaux en raison de la longue période coloniale tandis que les langues européennes occupent une position dominante en Afrique.



En 2014, l’Université de la Communication de la Chine à Beijing a effectué une enquête sur la communication de la Chine en Afrique à travers 17 étudiants en formation information-communication âgés de 20 à 35 ans et originaires de 12 pays africains. Ils s’intéressent à des informations internationales, des films et des séries télévisées. Tous les étudiants interrogés trouvent que l’influence de BBC, VOA, CNN, FRI est plus forte et déclarent qu’ils suivaient peu CCTV et CRI avant de venir en Chine. La BBC est considérée comme le média le plus crédible et possède une large audience en Afrique. Certains étudiants voient également Al Jazeera. Un étudiant tanzanien pense que CCTV News manque d’esprit critique sur les informations internationales qui ne sont pas suffisamment mises à jour et dépendant trop d’autres médias. De plus, les étudiants interrogés déclarent que la couverture des médias chinois en Afrique n’est pas complète, principalement au Kenya. Beaucoup d’autres régions n’entendent pas la voix des médias chinois. Cependant, dans les pays ayant des relations amicales avec la Chine, la couverture médiatique chinoise s’élève progressivement et son influence tend à d’augmenter. En Tanzanie et en Zambie, des personnes ont plus tendance à s’informer sur la Chine par CCTV News et CRI. D’après les étudiants tanzaniens, l’influence des médias chinois en Afrique s’améliore. CCTV et CRI entrent en concurrence avec les médias occidentaux, même si ces derniers se trouvent dans une position dominante.



Concernant la question du «néo-colonialisme » de la Chine en Afrique, les réponses des étudiants sont très différentes. Quatre étudiants venant du Ghana, du Congo, du Zimbabwe et du Lesotho considèrent que la Chine a une posture « coloniale » en Afrique pour différentes raisons. Les relations économiques et commerciales sino-africaines sont déséquilibrées. Les pays africains exportent principalement des matières premières et des produits semi-finis. Des entreprises chinoises emploient un petit nombre de personnes locales et la majorité des employés sont chinois. Certains pays africains seraient trop dépendants du modèle chinois. Les investissements chinois sont principalement basés sur les intérêts de la Chine et ne tiennent pas compte du développement de l’Afrique. En fait, leur considération serait influencée par les médias occidentaux. Toutefois, selon l’enquête, la plupart des étudiants ne sont pas d’accord avec la théorie du «néo-colonialisme » de la Chine en Afrique. Ils pensent que les médias occidentaux ne veulent pas voir la coopération entre la Chine et l’Afrique parce qu’ils craignent que la Chine s’empare de leurs marchés. Un étudiant éthiopien est reconnaissant envers la reconstruction et l’aide de la Chine et dit que « s’il existe réellement, le «néo-colonialisme », je préfère la Chine plutôt que les pays occidentaux ». Un autre étudiant originaire de Madagascar pense que l’avenir de son pays et de l’Afrique ne dépend pas de l’Europe ou des Etats-Unis mais de la Chine. L’enquête montre que l’influence des médias chinois augmente dans les pays africains qui maintiennent toujours des relations amicales avec la Chine. Les relations entre la Chine et les pays africains sont un facteur important qui peut avoir un effet sur le développement de l'influence des médias chinois dans ces pays.



B. Les limites des médias chinois et du « soft power chinois » en Afrique



En fait, en dépit d’une grande ambition et des sommes investies, les médias chinois n’ont pas, pour l’instant, rencontré de véritable succès sur le continent africain. L’influence des médias chinois est limitée non seulement parce que sa couverture est déséquilibrée sur le continent africain, mais aussi pour de multiples raisons.



Manque de qualité et d’esprit critique. Les médias chinois sont moins compétitifs par rapport aux médias occidentaux en matière de la qualité des reportages. Quant aux nouvelles internationales, la réaction des médias chinois est tardive et la couverture des médias chinois n’est pas complète. Il manque souvent d’entretiens directs et de reportages originaux. Les médias chinois comme CCTV, CRI et l’Agence Xinhua appartiennent au gouvernement chinois et ont une mission de propagande. Les reportages ne sont pas très crédibles d’après le public africain. En fait, Beijing développe une politique étrangère de « non – ingérence » envers les affaires intérieures des pays du continent. Le gouvernement chinois ne veut pas indisposer les chefs d’État. Le regard chinois sur l’actualité africaine est imprimé d’un étonnant manque de subtilité et d’esprit critique. Les médias chinois se concentrent seulement sur la satisfaction du gouvernement des pays africains et ne répondent pas aux besoins du public. Les reportages sur la Chine et l’Afrique sont toujours « positifs ». Beaucoup d’expressions ne peuvent pas être employées ou sont contournées comme le mot « régime » alors que les médias occidentaux sont plus critiques et plus libéraux.



Ignorer le peuple africain et attacher trop de l’importance aux élites africaines. Jusqu’à présent, la Chine établit une bonne relation avec les élites politiques et économiques africaines. Mais elle est peu à même de se faire accepter dans l’opinion africaine. D’une part, les élites africaines reçoivent une éducation occidentale et sont plus enclines à accepter des points de vue diffusés par les médias occidentaux. D’autre part, avec l’accélération du processus de démocratisation en Afrique, les populations participent plus aux élections politiques. Une partie des dirigeants politiques africains ont l’intention d’utiliser la théorie du « néo-colonialisme » construite par les médias occidentaux dans le but de se rallier des partisans contre la Chine. Par exemple, en 2006, lors d’une compagne électorale en Zambie, la plupart des débats portait sur le problème de « l’exploitation » de la Chine en Afrique australe. Le dirigeant de l’opposition Sata a accusé les Chinois de dumping en Tanzanie et a obtenu près d’un tiers des voix. Depuis 2011, on assiste à une montée en puissance de la société civile dans les pays africains. Les médias chinois mettent trop l’accent sur les relations gouvernementales, ne se focalisent pas suffisamment sur les problèmes sociaux (la pauvreté, la famine, la maladie), n’expliquent pas bien aux populations les investissements de la Chine en Afrique.



Les médias chinois manquent aussi de programmes de divertissement. Ils se concentrent trop sur les informations politiques et économiques. Le divertissement, le sport et les informations quotidiennes, demandées par la jeunesse africaine, sont peu nombreux dans les programmes chinois au contraire de ceux produits par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Des films et des séries télévisées d’origine chinoise sont rarement diffusés. Ceci explique les efforts des médias chinois pour traduire certains de leurs programmes en langue locale. Par exemple, la version swahilie de la série télévisée chinoise « Le bel âge de belle-fille » (Xifu de meihao shiguang) a obtenu une grande audience en Afrique mais reste un exemple isolé. Les films américains sont plus populaires et détrônent les films de Kung Fu qui avaient eu un certains succès.



Il existe aussi une barrière de la langue et de la culture. L'étude sur l’image de la Chine dans les pays africains montre que les médias chinois ne sont pas devenus un facteur d’ouverture à la culture chinoise. 45,1% des interviewés sud-africains et 24,1% des interviewés kényans ne sont pas enclins à choisir les médias chinois en raison de la « barrière de la langue ». En raison de l’héritage de la colonisation européenne, les pays africains connaissent mieux la culture et le mode de pensée occidentaux. Au regard des informations internationales diffusées par Reuters et l’AFP, il est difficile de faire une communication internationale de manière occidentale pour les médias chinois. Enfin, la stratégie de communication chinoise pourrait créer un effet inverse à celui attendu, conduisant au risque de rejet du « soft power culturel chinois ».



Conclusion



En mars 2014, l’Agence Xinhua a diffusé un article anglais « La Chine projette un musée des dirigeants corrompus pour prévenir la corruption ». Cet article a été immédiatement repris par le plus grand journal du Kenya et a suscité un vif débat : le Kenya devrait-il établir un musée similaire ? L’expérience et les initiatives de la Chine ont touché une corde sensible au Kenya où la corruption est répandue. De la même façon, les informations sur la construction agricole, le développement économique et la gouvernance environnementale de la Chine sont souvent traités par les médias africains. Une enquête menée par l’Agence Xinhua montre que beaucoup d’Africains sont prêts à s’intéresser à la vie de leurs compatriotes en Chine. En effet, le modèle de développement comme les valeurs culturelles séduisent les populations africaines. Comment la Chine peut-elle définir un modèle universel pour promouvoir son influence en Afrique, en Asie, ou dans le monde entier ?



Bibliographie :



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Références Internet :



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