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N°6-7 mai-novembre 2015 : Les médias : approches géohistoriques et géopolitiques:

La Guerre des Malouines : la médiatisation du 30ème anniversaire en 2012

Denise Apestegui


Par Denise Apestegui (diplômé du master Médias et Mondialisation, Institut français de presse, Université Panthéon-Assas)




Résumé : La Guerre des Malouines est un conflit armé déclenché en 1982 qui a opposé l’Angleterre et l’Argentine sur la souveraineté de l’archipel de l’Atlantique Sud. La commémoration de son trentième anniversaire en 2012 a fait couler beaucoup d’encre aussi bien dans les médias anglais que ceux argentins. Trois aspects apparaissent dans La Nacion et The Times : le litige territorial, la bataille pour l’exploitation des ressources naturelles et le symbolisme de cette guerre.


Mots clés : Guerre, conflit, pétrole, souveraineté, Atlantique Sud, îles, empire, David Cameron, Cristina Kirchner, Margaret Thatcher, dictature, Malouines, forces armées, soldats, politique, diplomatie, anniversaire, identité, nationalisme, patriotisme, Nations Unies, impérialisme, colonisation, décolonisation, insulaires, malouins, Argentine, Angleterre, Royaume-Uni, auto-détermination, piraterie, occupation, invasion, ressources naturelles.

 


Abstract : The Falklands War is a 1982 armed conflict between Argentina and the United Kingdom over a group of islands in the South Atlantic region. The celebration of its 30th anniversary in 2012 not only increased the tensions amongst Argentina and the UK but it also received a particular media coverage in both countries. Sovereignty, oil, and the symbolism of the war, 30 years after this sudden and unexpected event occurred.


Key words: War, conflict, oil, sovereignty, South Atlantic, islands, empire, David Cameron, Cristina Kirchner, dictatorship, Falklands, task force, soldiers, politics, diplomacy, anniversary, identity, nationhood, patriotism, Margaret Thatcher, the UN, imperialism, colonisation, decolonisation, islanders, kelpers, Argentina, the United Kingdom, army, England, self-determination, piracy, occupation, invasion, natural resources.




Resumen: La Guerra de las Malvinas es un conflicto armado entre Argentina y el Reino Unido que tuvo lugar en el año 1982, en el cual estos dos países se disputaron la soberanía de un grupo de islas ubicadas en el Atlántico Sur. La celebración de su aniversario número treinta no sólo incrementó las tensiones entre ambos países, sino que también desencadenó una cobertura mediática particular por parte de los medios locales. Soberanía, petróleo, y el valor simbólico de la guerra, treinta años después de su abrupto e inesperado comienzo.



Palabras clave: guerra, conflicto, petróleo, soberanía, Atlántico Sur, islas, imperio, David Cameron, Cristina Kirchner, Margaret Thatcher, dictadura, Malvinas, fuerzas armadas, soldados, política, diplomacia, aniversario, identidad, nacionalismo, patriotismo, Naciones Unidas, imperialismo, colonización, descolonización, isleños, Argentina, Reino Unido, Inglaterra, auto determinación, piratería, ocupación, invasión, recursos naturales.




La Guerre des Malouines a été un conflit armé entre l’Argentine et l’Angleterre, qui a eu lieu en 1982 dans l’archipel de l’Atlantique Sud. Ce conflit a été qualifié comme « anachronique » par de nombreux historiens, car il s’est produit durant la Guerre Froide, entre une ex-puissance coloniale et un pays du tiers-monde. Cependant, les Malouines ont été une zone disputée par les royaumes de l’Espagne, de la France et de l’Angleterre depuis les années 1700.



Les forces argentines ont débarqué sur les îles en avril 1982 en vue de récupérer ce territoire, occupé par les Anglais depuis 1833, dans le cadre d’une mission militaire menée par le gouvernement dictatorial de l’époque. Au bout de deux mois et demi, la supériorité militaire de l’Angleterre, la pauvre préparation des soldats argentins et le manque d’appui national, ont poussé le dictateur Leopoldo Galtieri à présenter sa capitulation le 14 juin 1982. Ainsi, le Royaume-Uni a récupéré le contrôle des îles et Margaret Thatcher a assuré sa victoire lors des élections de 1983. Cette fin a provoqué également la dissolution du gouvernement dictatorial et la transition vers la démocratie dans le pays latino-américain. Le bilan humain a été de 907 morts, dont 649 soldats argentins et 255 soldats britanniques.



Trente ans après, la Guerre des Malouines est toujours un sujet délicat et une blessure ouverte pour le peuple argentin. Pour les Anglais, cette victoire ne représente qu’un de ses nombreux exploits militaires. Les insulaires, quant à eux, ont gagné en notoriété et en visibilité sur la scène internationale, ce qui leur a permis de développer davantage leur économie et d’avoir plus de poids politique vis-à-vis de l’Angleterre. Lors du déclenchement de la guerre, la majorité des Britanniques n’avaient qu’une idée très vague de ce qu’étaient les Malouines et de l’endroit où elles se situaient. En revanche, pour les Argentins les Malouines représentaient ce que l’Alsace et la Lorraine ont été pour les Français pendant longtemps : une frontière naturelle, un mythe et une frustration (1).



Certes, la Guerre des Malouines n’est qu’un fait-divers du passé que l’on trouve dans les livres d’histoire, de géopolitique ou de stratégie militaire. Cependant, cette guerre a une forte valeur symbolique, aussi bien pour les Anglais que pour les Argentins. Comment les médias des deux pays, ont-ils représenté le conflit trente ans après sa résolution ? Les médias, reflètent-ils la mémoire des peuples impliqués dans la guerre ? Voici les questions que j’ai essayé de répondre dans la réalisation de ce mémoire, lequel, si le lecteur me pardonne la répétition, porte sur la mémoire de la guerre lors de l’avènement de son trentième anniversaire, qui a eu lieu en 2012.



Pour répondre à cette question, un corpus de sources de près de quatre cents articles de deux journaux a été exploité pour la période du 1e janvier au 30 juin 2012. Les quotidiens sélectionnés dans cette étude ont été The Times et La Nación. The Times est le journal le plus important au Royaume-Uni. Il en est de même pour La Nación en Argentine. Force est de constater que le quotidien La Nación a publié environ 1 300 articles sur les Malouines alors que The Times n’en a publié que 347. Cet écart tellement important entre le nombre d’articles sur ce thème par journal permet de déduire que, pour le quotidien argentin, la Guerre des Malouines est un sujet qui a beaucoup plus de poids éditorial par rapport au journal anglais. Trois grandes thématiques seront dès lors abordées à partir de la représentation géopolitique de ces médias : le litige territorial anglo-argentin, les hydrocarbures ou la bataille pour l’or noir, l’impact symbolique de la Guerre des Malouines



Document 1 : Nombre d’occurrences sur la Guerre de Malouines dans La Nación et The Times du 1e janvier au 30 juin 2012.





Source : Denise APESTEGUI, La Guerre des Malouines : la médiatisation du trentième anniversaire, juin 2014, p. 30.



 



I. Le litige territorial anglo-argentin



Les messages transmis par les deux quotidiens au sujet du litige territorial anglo-argentin ne sont pas anodins. La Nación et The Times, tout comme le gouvernement de Cristina Kirchner et celui de David Cameron, mènent une stratégie prédéfinie dans le but de défendre la cause nationale de chaque pays et de légitimer le discours politique respectif. La « bataille de mots » entre les dirigeants de chaque pays franchit la limite de la voie diplomatique, s’installant dans chaque média et jouant un rôle primordial dans la conquête de l’opinion publique locale. Le duel a donc lieu entre les lignes de chaque article : arguments et contre-arguments, exemples et contre-exemples, « invasion » versus « récupération », « peuple » versus « population implantée ».



Généralement, le quotidien argentin suit la ligne argumentative du gouvernement de Kirchner au sujet de la souveraineté des îles Malouines, même si La Nación est considérée comme un journal d’opposition. La prise de partie en faveur des arguments argentins est évidente, laissant entrevoir le côté patriotique du journal. D’après ce journal, l’Empire britannique est une puissance en déclin qui n’accepte pas la fin du colonialisme. En effet, il affirme que l’Atlantique Sud est le dernier refuge d’un empire en décadence. En outre, La Nación met l’accent sur le fait que l’Argentine n’est pas le seul pays qui ait des litiges territoriaux avec l’Angleterre, car d’autres vestiges de l’ère coloniale entraînent toujours des conflits diplomatiques, comme celui du Gibraltar et du Hong Kong. En ce sens, la situation coloniale des Malouines est d’autant plus anachronique qu’elle fait partie de l’agenda du Comité de Décolonisation des Nations Unies, qui n’a pas encore trouvé une manière de résoudre ce problème entre ces deux états. Le quotidien argentin souligne que la cause argentine est soutenue par 130 pays dans le monde. De plus, selon La Nación, les kelpers (les habitants des Malouines) ne sont pas un vrai peuple, mais une population artificielle, implantée. C’est la raison pour laquelle le droit d’autodétermination ne serait pas applicable à eux. L’archipel se trouvant à seulement 400 kilomètres des côtes argentines et à 14 000 kilomètres du Royaume-Uni, les insulaires n’ont rien à y faire, d’après le point de vue des journalistes latino-américains.



En ce qui concerne The Times, sa position éditoriale à l’égard du litige territorial anglo-argentin se caractérise par le discrédit constant des arguments argentins qui défendent le droit du pays sud-américain à réclamer les Malouines. Le droit à l’autodétermination, l’invalidité de la proximité territoriale et l’occupation pacifique des Falklands depuis 1833, sont, parmi d’autres, les arguments principaux défendus par ce quotidien. Dans cette optique, le quotidien anglais soutient que les insulaires doivent être maîtres de leur propre avenir, non seulement parce qu’ils occupent ce territoire depuis 1833 sans interruption, mais également parce que, d’un point de vue culturel, ils se rapprochent des Anglais et non pas des Argentins. Sous prétexte que les Malouines se trouvent près de la côte argentine, le Canada pourrait également réclamer la souveraineté de l’Alaska, défend le journal The Times. Enfin, la ligne éditoriale du journal anglais au sujet de la discorde anglo-argentine sur les Malouines est en parfait accord avec les messages diffusés par le gouvernement de David Cameron. The Times est très fier de l’histoire coloniale et de la puissance militaire de l’Angleterre, laquelle doit être défendue coûte que coûte. La domination des Falklands est la réaffirmation de la suprématie militaire anglaise.



 



II. Les hydrocarbures : la bataille pour l’or noir



Le sujet lié aux activités économiques de la région des îles Malouines présente le plus bas nombre d’occurrences dans les deux journaux. Cependant, le traitement médiatique de la dispute sur l’exploitation pétrolière des eaux adjacentes à l’archipel en conflit se reflète également dans une bataille du sens pour gagner les esprits des opinions publiques locales, dans le but d’obtenir de la légitimité, tout en détournant l’attention des problèmes internes des deux pays.



Le discours du journal argentin se construit autour de trois axes principaux : le soutien du bloc du Mercosur, la stratégie d’isolement des îles Malouines et la diabolisation de l’exploitation pétrolière dans la plateforme maritime de la région. Selon La Nación, l’Angleterre mènerait un combat solitaire face à l’Amérique du Sud, puisque les pays qui conforment le Mercosur - qui ont décidé de bloquer l’accès des navires malouins dans ses ports - ont décidé une fois pour toutes de mettre une limite ferme aux ambitions impérialistes anglaises. En outre, le journal remet en question l’utilisation de l’espace aérien argentin pour la connexion entre les îles et le Chili.



Par ailleurs, les firmes pétrolières anglaises sont considérées « illégitimes » car elles tirent profit des ressources d’une région dont la souveraineté est toujours disputée par deux pays : l’Argentine et l’Angleterre. Enfin, le journal argentin reconnaît que la « marque » des Malouines, ainsi que celle d’YPF (l’entreprise pétrolière espagnole nationalisée par le gouvernement de Kirchner), sont en train d’être utilisées comme une ressource de propagande afin de manipuler les esprits des Argentins.



Le quotidien anglais, quant à lui, relativise les conséquences de l’activité pétrolière dans les eaux qui entourent l’archipel mais en même temps tente de souligner le potentiel de ce « trésor immergé », grâce auquel les îles Falkland pourraient devenir une province pétrolière. The Times se sert de l’expropriation d’YPF pour détourner l’attention de l’activité économique anglaise dans la région et accuse l’Argentine de mener des politiques protectionnistes injustifiées. Finalement, selon le quotidien anglais, les îles Falkland n’ont pas besoin de ses voisins et le blocage économique du bloc Mercosur n’a aucun impact sur la vie des insulaires.



 



III. L’impact symbolique de la Guerre des Malouines



« We have put the ‘Great’ back into ‘Great Britain’ » (2), avait dit la première ministre anglaise lors d’un discours prononcé en juillet de 1982. La Guerre de l’Atlantique Sud a eu un impact très important sur la société anglaise, ainsi que sur le peuple argentin. C’est grâce à la victoire des Falkland que les Anglais ont récupéré leur patriotisme perdu suite à l’humiliation provoquée par la crise du Canal de Suez. C’est grâce à cette victoire que l’Angleterre a pu maintenir son poids et son influence sur la scène internationale. Pour les Argentins, par contre, la défaite a eu des répercussions socio-culturelles très complexes, qui font de la « cause Malouines » un mal-être ressenti encore aujourd’hui.



La Guerre des Malouines a été pour les Anglais une croisade nationale pour défendre l’honneur de la Grande-Bretagne (3), alors que pour les Argentins, cela représente un sentiment d’injustice et de défaite, car les îles Malouines « devraient » être argentines. Une identité nationale mutilée, les souvenirs d’une féroce dictature, l’espoir de récupérer un territoire perdu et lointain, les jeunes soldats envoyés à la guerre, la lutte contre l’impérialisme : voilà ce que les Malouines signifient pour les Argentins aujourd’hui.



Les médias, aussi bien The Times que La Nación, reflètent les ressentis des deux peuples au sujet de cet événement historique. Les deux quotidiens utilisent un vocabulaire très particulier pour traiter le sujet de la Guerre des Malouines. Alors que, pour La Nación, cette guerre a été une « prouesse », une « aventure militaire », une « campagne de récupération » ou un simple « débarquement », The Times emploie plutôt les termes « invasion argentine », « occupation », « libération des îles » ou « aventure britannique ».



Par ailleurs, La Nación traduit systématiquement tous les mots anglais à l’espagnol : « Port Stanley » devient « Puerto Argentino » et « Falklands » devient « Malouines ». Un choix de mot très particulier pour décrire les événements concernant les Malouines est le terme « usurper ». En effet, lorsque les Argentins font la narration de l’histoire de l’archipel, on souligne constamment que les « Malvinas » ont été « usurpées » par les Anglais, de façon à rappeler aux lecteurs qui est le vrai méchant. Ce mécanisme a pour but de légitimer symboliquement les actions mises en œuvre par le gouvernement dictatorial de 1982. En outre, les insulaires ne sont jamais appelés « Malouins », même pas « Falklanders ». Ils sont tout simplement nommés « isleños » (« insulaires »). D’un point de vue discursif, ceci peut être interprété comme une manière d’ignorer leur existence tout en leur octroyant un caractère impersonnel, de « chose ».



Enfin, les termes dont La Nación se sert pour parler de ses « héros » sont « caídos » (« abattus »), « veteranos » (« vétérans »), « ex-combatientes » (« ex-combattants ») ou tout simplement « soldados » (« soldats »). Il n’y a pas de place pour le mot « héros » dans les publications du journal argentin car ces soldats ont perdu, même s’ils ont donné leur vie pour défendre la patrie. Par conséquent , étant donné qu’il n’est pas possible de construire des mythes autour d’une défaite, symboliquement parlant on ne peut pas les nommer ainsi. C’est la raison pour laquelle on remplace le mot « héro » par des termes plus neutres.



En ce qui concerne The Times, tous les articles à connotation symbolique soulignent les prouesses militaires réalisées par la Task Force durant la Guerre de l’Atlantique Sud. Dans cette optique, on revendique la capacité militaire et organisationnelle anglaise, qui en très peu de temps avait réussi à rassembler une force militaire et s’avait rendue sur place au lieu du conflit, à 14 000 kilomètres de l’Angleterre. Enfin, le journal anglais contribue à perpétuer l’idée selon laquelle le Royaume-Uni a un rôle essentiel sur la scène internationale.



 



Conclusion



La Guerre des Malouines est un sujet très complexe. En revanche, elle n’a la même signification ni pour le peuple argentin ni pour le peuple anglais, ni pour La Nación ni pour The Times. Les chiffres de sa médiatisation lors de son 30ème anniversaire parlent d’eux-mêmes : le journal argentin a publié 1299 articles au sujet des Malouines entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, tandis que le quotidien anglais en a publié seulement 347 pour la même période.



Le litige territorial a été le sujet le plus médiatisé par les deux journaux. La Nación, ainsi que The Times, véhiculent les messages de leur gouvernement respectif, dans le but de soutenir la cause nationale. Pour les Argentins, les Malouines font sans aucun doute partie de leur territoire national, car elles se trouvent dans sa plateforme continentale ; il en est de même pour les Anglais, qui considèrent que la souveraineté de l’archipel n’est pas négociable, car les kelpers souhaitent rester rattachés à la Couronne britannique. Ils estiment que l’on doit, par conséquent, respecter leur droit à l’autodétermination, établi par la charte des Nations Unies.



La bataille pour l’or noir, quant à elle, occupe une place moins importante dans La Nación que dans The Times. En effet, la tension concernant l’exploitation des ressources des Malouines trouve son origine dans la dispute autour de la souveraineté de l’archipel. La Nación et The Times défendent également la position de leurs gouvernements respectifs : le premier mettant l’accent sur le fait que les Anglais ne s’intéressent qu’aux bénéfices économiques et que les activités liées à l’exploitation des hydrocarbures sont totalement illégales. Le deuxième, par contre, met en avant tous les avantages qui peuvent découler de l’industrie pétrolière pour les habitants de l’île.



L’impact symbolique de la Guerre des Malouines est le deuxième sujet le plus médiatisé par les deux journaux durant la période analysée (01/01/2012 - 30/06/2012). Cependant, les conséquences socio-culturelles de cette guerre ne sont pas du tout les mêmes, ni pour The Times et La Nación, ni pour les Anglais et les Argentins. Le choix de certains mots du journal sud-américain n’est pas anodin ; il en est de même pour la façon dont il rend victimes les soldats argentins qui se sont battus pour leur patrie.



Par ailleurs, La Nación a profité du trentième anniversaire de la guerre pour diversifier son offre de contenus au sujet de la Guerre des Malouines, en dépit d’une audience déjà saturée. The Times, par contre, exploite l’anniversaire de la guerre moins que son homonyme argentin, mais il en profite pour mettre en avant les prouesses de la Task Force anglaise, afin de nourrir le mythe de sa supériorité. Le journal anglais véhicule également des messages autour du rôle de l’Angleterre dans les relations internationales, et réalise des comparaisons entre la guerre de l’Atlantique Sud et d’autres conflits auxquels le Royaume-Uni a participé.



Enfin, la médiatisation du 30ème anniversaire de la Guerre des Malouines, organisé autour des trois sujets évoqués ci-dessus, répond aux mêmes logiques dans les deux journaux, que ce soit d’un point de vue éditorial, politique, commercial et social. Autrement dit, tant dans La Nación que dans The Times, ils y a des similarités dans l’évolution éditoriale des trois sujets au cours des six mois analysés. En même temps, les deux journaux reflètent le discours politique de son pays respectif, en véhiculant pratiquement les mêmes messages que le gouvernement au pouvoir.



 



Notes :



(1) Maisonneuve C. et Razoux P., 2002, La Guerre des Malouines, éditions Larivière, p. 6.



(2) L’adjectif "Grand"’ renvoie à "Grande-Bretagne".



(3) Aulich J., 1992, Framing the Falklands War: nationhood, culture and identity, Philadelphia, Open University Press, p. 1.



 



 



 



 


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