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N°9 novembre 2016 : Géographie historique du Japon d'Edo et ses héritages:

Le passage vers l’Enfer : Les lieux de l’exécution publique de la peine de mort à Nagoya à l’époque d’Edo

Maki Fukuda


Par Maki Fukuda (Maître de conférences à l'Université de Chubu)



Résumé : Au Japon, l’exécution de la peine capitale se déroule aujourd’hui en secret et, à Nagoya, ce lieu se trouve au nord du quartier commercial animé de Sakae. Il est situé en plein centre-ville et les gens qui se détendent et font leurs courses là-bas, ignorent qu’on effectue parfois une pendaison dans le quartier. À l’époque d’Edo, l’exécution d’une peine de mort se déroulait également au sein de la prison qui se trouvait déjà au centre du lieu populaire et fréquenté de Sakae. Tandis que la peine de décapitation était généralement accomplie au coin de la prison, les supplices pour les crimes les plus graves étaient quant à eux exécutés à la périphérie de la ville après une longue procession publique. Cet article cherche à comprendre cette différence entre les châtiments et pourquoi les autorités de Nagoya ont choisi de tels lieux à l’extérieur de la ville. Nous analysons les lieux de l’exécution du point de vue de l’urbanité de Nagoya, tout d’abord en considérant le caractère de l’exécution publique à Nagoya d’un point de vue géographique et comparatif avec le cas d’Edo, puis dans sa relation avec la vie urbaine.



Mots clefs : Exécution publique, Peine de mort, Époque d’Edo, Nagoya, Vie urbaine



Abstract: In Japan, the execution of the death penalty is held secretly. For the case of Nagoya-city, the site of the execution is at the north of a commercial zone named Sakae, placed in the center of the city. Maybe, those who enjoy their shopping there ignore that there is a hanging taking place in the vicinity. During the Edo period, the execution of the death penalty took also place in the prison of Sakae and the area was already bustled with people. However, though decapitation was completed in the prison, the punishments for the most severe crimes were executed in the periphery of the city after a public procession. This article aims to understand why such a difference between punishment and how were those sites chosen? We consider the places of execution from the point of view of the urbanization of Nagoya. First, we examine the public character of execution in Nagoya from the point of view of geography and in comparison with the case of Edo, and in a second part, we analyze its relation with the urban life of Nagoya.



Keywords: Public execution, Death penalty, Edo Period, Nagoya, urban life



Introduction : L’exécution secrète au Japon



Aujourd’hui il y a au Japon sept maisons d’arrêt qui ont une chambre d’exécution : celles de Tokyo, d’Osaka, de Hiroshima, de Fukuoka, de Sapporo, de Sendai et de Nagoya. L’exécution de la peine capitale se déroule en secret, même le condamné lui-même n’est informé de son dernier moment qu’une heure avant l’exécution (1). Le 25 juin 2015, un condamné à mort a été pendu dans une chambre d’exécution de la maison d’arrêt de Nagoya. Le lieu de l’exécution se trouve au nord du quartier commercial animé de Sakae situé en plein centre-ville. À l’époque Edo, la prison de Nagoya se trouvait aussi au centre de Sakae et l’exécution d’une peine de mort se déroulait dans ce quartier. Donc, à l’emplacement où le peuple aujourd’hui se divertit dans les grands magasins, se tenait l’exécution de la peine capitale. Le seul changement est le caractère public ou non de la peine. On retrouve ici une des conclusions que Michel Foucault faisait dans Surveiller et Punir en 1975 à propos de l’exécution des peines sous l’Ancien Régime en France. Selon lui, avec le changement du Régime, la peine s’est modifiée : il ne s’agissait plus de la montrer mais de surveiller le criminel. Le Japon a suivi la même tendance.



Sakae est depuis l’époque d’Edo un quartier populaire et fréquenté. Entre le début du XVIIe siècle et la seconde partie du XIXe siècle, alors que la décapitation était accomplie au coin de la prison, les peines les plus graves étaient, elles, exécutées à la périphérie de la ville après une procession du condamné vers son lieu d’exécution. Au début de la période d’Edo et après la création de la ville de Nagoya, on observe également un déplacement des parcours des condamnés avant leur mise à mort vers la périphérie de la ville. Pourquoi avoir choisi ces lieux ? Comment expliquer ces changements ?



Dans cet article, nous analysons la relation entre la peine de mort et la société de Nagoya, qui est, depuis l’époque Edo, une des plus grandes villes du pays avec Tokyo, Kyoto et Osaka. Malgré les grandes études de Yoshiro Hiramatsu, historien du droit pénal japonais dont les ouvrages, datés des années 1960 sont toujours cités, la localisation de l’exécution des criminels ne fut guère considérée (Hiramatsu, 1961) par les chercheurs. Toichi Hayashi, connu pour ses recherches juridiques de Nagoya à l’époque Edo (Hayashi, 1962), a malgré tout analysé en 1978 le lieu de l’exécution à Nagoya. Mais son article  se résume à la consultation des énormes archives judiciaires, et n’a pas considéré la relation entre la peine et la nature de la société et de la ville (Hayashi, 1978). C’est pourquoi, en complément de ces travaux importants, nous nous intéressons dans cet article aux lieux de l’exécution d’un point de vue de l’urbanité de Nagoya. Tout d’abord, nous considérons le caractère de l’exécution publique à Nagoya d’un point de vue géographique et comparatif avec le cas d’Edo et puis nous analysons sa relation avec la vie urbaine de Nagoya.



 



I. La spécificité du caractère public de l’exécution de la peine à Nagoya



A. Des peines similaires au reste du pays



À l’époque Edo, le Japon était un état féodal basé sur le règne des samouraïs. Les seigneurs (daimyō) gouvernaient leurs propres domaines (han), et à ce titre instruisaient localement la justice. Donc, la loi était différente selon les domaines et les gouverneurs étaient capables de prononcer la peine de mort suivant leurs propres lois, même si dans la réalité, la plupart des domaines imitait la loi du domaine du shōgun, (Hiramatsu, 1961, pp.315-316). En matière pénale, le niveau de la codification au Japon était élevé si on le compare par exemple à celui de la France à la même époque. Alors que la France, jusqu’en 1791, n’avait pas de Code Pénal (2) (i.e. le tableau des crimes et des peines correspondantes) le Japon en était équipé depuis 1742 avec le Kujikata Osadamegaki (que nous nommerons par commodité ci-dessous Osadamegaki). Bien qu’il fut un manuel pour les hauts magistrats et qu’il ne fut pas publié pour le peuple (Hiramatsu, 2010b, p. 88), des copies (illégales incluses) se sont propagées jusqu’au niveau du peule et c’est ce « code » que les seigneurs ont pris pour modèle pour constituer leurs propres lois (Fenno Henderson, 1987, pp. 504-506).



Nagoya était la ville principale du domaine d’Owari, territoire d’un prince du sang du shōgun. Ce qui signifie que, si le shōgun mourrait sans enfant, le successeur était choisi parmi les familles d’Owari, de Kishu, aujourd’hui Wakayama, au sud de Kyoto, ou de Mito, au nord-est de Tokyo. Au cours de la première moitié de XVIIIe siècle, la population de Nagoya était de 70 000 âmes (Hayashi, 2007, p. 2). Comme l’a souligné Kazuyoshi Shigematsu, ancien geôlier et historien du droit pénal au Japon, en citant Itō Naonoshin, stratège de l’époque Edo mort en 1811, la ville était connue pour sa grande criminalité à cause de sa localisation au centre de l’archipel. Nombre de bandits passaient donc par cette ville (Shigematsu, 1985, p. 121).



Comme tous les autres domaines, celui d’Owari avait son code pénal. Toutefois l’influence des lois shogunales était si forte qu’il n’y avait en réalité que les lois mineures qui étaient spécifiques (Hiramatsu, 2010b pp. 126-127). Nous utilisons donc ici l’Osadamegaki comme une règle basique de la justice pénale à Nagoya.



 Dans l’Osadamegaki, la peine principale était le supplice. Comme en France au même siècle, la privation de la liberté n’existait que comme une peine exceptionnelle et ainsi la prison était surtout un lieu de détention (3). La peine la plus sévère était la mort et présentait plusieurs niveaux de gravité, et prescrite selon sept modalités décrites ci-dessous (Table 1).



Table 1 : Les peines selon le Kujikata Osadamegaki





Le nokogiribiki est la peine la plus grave. Le condamné est enfermé dans une boîte enterrée de telle sorte que seule la tête émerge du sol. Des scies dressées sur la boîte sont ensuite disponibles pour les passants désireux de scier complètement ou en partie le cou de condamné. Mais à partir du début de XVIIe siècle, de moins en moins de personnes faisaient usage des scies et la peine est devenue une simple exposition de trois jours avant le haritsuke. Le Keiten binran, tableau de la peine et du délit correspondant dressé à l’époque Edo à chaque exécution, ne mentionne pas le nokogiribiki, ce qui permet de douter de l’application réelle de ce supplice (Keiten binran, 1961, pp. 367-418.).



Le harituke est une peine semblable à la crucifixion. Le condamné est mis sur une grande croix et son tronc est percé de deux lances. Cette peine était prononcée pour les crimes les plus graves comme le parricide. Le kazai est le bûcher. Cette peine était infligée dans les cas d'incendies.



Le gokumon est l’exposition de la tête morte. L’exécution de cette peine était semi-publique. D’abord le cou du condamné était coupé dans la prison et sa tête placée sur une table située sur le lieu habituel des exécutions publiques. Le shizai est la décapitation dans la prison. A l’issue de la décapitation, le cadavre du condamné servait, en autres choses, pour confirmer le tranchant des sabres. Il était aussi utilisé pour l’entraînement des samouraïs (Hasegawa, 2014, pp. 276-277). Le geshunin est également la décapitation du condamné mais il n’était guère prononcé et contrairement au shizai, le cadavre de l’exécuté était à l’abri de l’examen du tranchant des sabres (Hiramatsu, 1961, p. 1058). En tous cas, la prison était le lieu de la décapitation en même temps que le lieu de la détention (4).



Le zanzai, réservé aux samouraïs, était aussi une décapitation mais exécutée en public. Selon Daniel V. Botsman, le samouraï était puni plus sévèrement que le peuple en raison de son honneur (Botsman, 2005 p. 72.). Le zanzai en était l’exemple mais encore aujourd’hui, les archives manquent pour justifier cette hypothèse.



Quant au harakiri, plus proprement dit le seppuku, il n’était pas prévu par l’Osadamegaki, même s’il était pratiqué. L’Osadamegaki était la loi principalement pour le peuple. La pendaison n’existait pas non plus à cette époque comme châtiment, et a été introduite au moment de la Restauration Meiji à la fin du XIXe siècle.



 



B. Un caractère public plus marqué qu’à Edo



 A Nagoya, l’exécution des peines de décapitations, c’est-à-dire, le gokumon, le shizai et le geshunin ne se déroulaient pas uniquement dans la prison. Si la tête du condamné était toujours coupée derrière les murs, dans le jardin de la prison, l’exécuté devait faire, avant l’exécution, le tour du centre-ville. La prison se situait au centre de la ville, au sud de la porte du château, sur Hirokoji, la rue la plus vaste. En cas de shizai et de geshunin, le condamné était monté sur un cheval, emmené à l’est sur Hirokoji, puis au nord à Hisayamachi, à l’ouest à Kyomachisuji, au sud à Misonocho, à l’est à Tenmacho, au sud à Chojamachi et retournait enfin à la prison (Ansei kanoemi, 1864). Ce parcours vers l’enfer, appelé « petit tour (kohikimawashi) » passait par les quartiers populaires et animés.



En comparaison, à Edo, la capitale où le shōgun résidait, un tel « tour » n’était pas attaché automatiquement à la décapitation mais considéré comme une peine supplémentaire imposée par le jugement. Sans doute, c’est parce que la ville était trop grande et que les condamnations à mort étaient beaucoup plus nombreuses qu’à Nagoya. À Edo, cette parade du condamné, hikimawashi, tournait donc seulement dans les rues autour du château du shōgun. Comme la ville était très étalée, le condamné ne passait que par certains quartiers animés, les autres étant trop éloignés du parcours. Malgré tout, les habitants autour de la prison d’Edo étaient informés de la décapitation lorsque le condamné sortait de la chambre de sa prison, située elle aussi en centre-ville. Quand le futur décapité était appelé par le geôlier, les autres prisonniers criaient leur soulagement pour leur survie, ce qui attirait les spectateurs (Keizai daihiroku, 1830).



A Nagoya la procession était plus proche de la vie quotidienne de la cité et plus intégrée à la géographie de la ville. Pour les peines les plus graves, comme à Edo, l’exécution ne pas déroulait dans la prison mais à la périphérie de la ville. Selon le Keizai daihiroku, un des rares manuels rédigés à l’époque sur l’exécution de la peine sous le droit shogunal, le condamné à l’haritsuke et au kazai devait aussi subir la peine de hikimawashi. À Nagoya, non seulement le trajet vers les lieux du haritsuke et du kazai mais aussi celui vers l’exposition de la tête lors de gokumon imposaient le « grand tour (Ōhikimawashi) ». La destination de ce trajet était Kawarakeno, un village à l’ouest de la ville de Nagoya. Le condamné partait à cheval de la prison vers l’est sur Hirokoji, tournait au nord à Hisayacho, à l’est à Tenmacho, au nord à Hokkejicho, (actuellement Ogawacho), puis traversait Wakarazu-yokomachi et Kayamachi. Il rejoignait à l’ouest Kyomachisuji, passait le pont Gojobashi, Todamachi et Oshikiridori pour arriver à Kawarakeno au nord-ouest de Nagoya (Voir Figures 1 et 5) (Ansei kanoemi 1864 ; Shigematsu, op. cit., p. 127) (5).



 



Document 1 : Les deux parcours du hikimawashi au centre de Nagoya





(Source ; Hōreki zyūninen aratame nagoya miti kendai zu (Le plan de ville de Nagoya en XIIe année de Hōreki - 1763), conservée à la bibliothèque départementale d’Aichi. Sur cette carte, les échelles ne sont pas respectées. Pour information, la distance entre le château et la prison est d’environ 1.5 km.



 



C. Des peines intégrées à la vie festive de la cité



Aux jours de « grands tours », une annonce était faite au peuple du centre-ville. Sans doute, cette annonce avait pour but de faire sortir le peuple. Effectivement, selon le journal de Bunzaemon Asahi, un samouraï de l’époque dont le journal couvre la période entre le 8 juillet 1691 et le 30 janvier 1718, le narrateur explique qu’il s’est hâté afin d’assister au tour qui a démarré le matin, vers 9h, pour terminer avec l’exécution sur le bûcher à midi (Asahi, 1965, p. 390). Asahi, mais aussi d’autres spectateurs, ont attendu l’arrivée du condamné dès le point du jour et ont suivi la parade jusqu’au lieu d’exécution bien qu’il fut éloigné de plus de cinq kilomètres du centre-ville de Nagoya. Des colporteurs apparaissaient même pour satisfaire les envies des spectateurs et vendre des en-cas ou des babioles (Aichiken Nishikasugaigun 1923, p. 490). Bien que le shogunat ait interdit à la foule de se réunir sur les sites de l’exécution (Dai nihon shiryō 1982, pp. 143-144.), ce règlement n’était jamais appliqué.



Outre la peine de mort, l’Osadamegaki prévoyait aussi la transportation, par exemple, pour les complices de meurtres, et le bannissement avec plusieurs degrés appliqués à différents délits, allant, par exemple d’une attaque sous l’effet de l’ivresse jusqu’à l’incitation au meurtre. Mais dans la perspective géographique de la peine, nous nous intéressons ici plutôt au tataki (i.e. la bastonnade imposée aux délits comme le karuki nusumi ou « vol léger » (6). Cette peine se déroulait devant la prison. Une fois ses portes ouvertes et le bâton déposé à l’entrée, le condamné était déshabillé et couché à plat ventre sur son kimono, sa tête dirigée vers la rue et ses membres maintenus par quatre hommes. L’exécuteur commençait alors à frapper le dos du condamné avec le bâton (Keizai daihiroku, 1830). Comme le montre Keikoku Hasegawa, écrivant entre la fin de l’époque Edo et le début de Meiji, beaucoup de spectateurs se rassemblaient devant le site pour assister à la peine (Hasegawa, op. cit., pp. 242-243).



A Nagoya, les jours d’interdit d’exécution des peines étaient nombreux. Outre les fêtes et les deuils à l’occasion desquelles la grâce était accordée au lieu de la punition ou pendant les voyages du seigneur, une quinzaine de jours de chaque mois étaient à l’abri d’exécutions capitales, en plus des quinze premiers jours de l’année (Hayashi, 1962, pp. 778-779). À Edo, les jours de fête et de deuil n’étaient pas non plus convenables à l’exécution capitale et environ une dizaine de jours par mois et les premiers douze jours de l’année étaient des jours sans exécution. Et, un ou plusieurs jours de chaque mois, la peine ne pouvait être appliquée qu’avant sept heures du soir (Tokugawa kinrei kō, V. 2, t. 1, pp. 182-184). Malgré tout, selon Hiramatsu, pendant les années 1862-1865, toutes les sortes de peines de mort étaient exécutées en moyenne 9,7 fois chaque mois à Edo et, entre 1781-1785, en moyenne 3,8 fois à Osaka (Hiramatsu,1961, pp. 1058 et 1065-1066). Pour Nagoya les chiffres manquent, mais étant donné que les tours des condamnés étaient plus systématiques, il est certain qu’on pouvait assister à un passage vers l’enfer plusieurs fois chaque mois, ce qui a certainement multiplié les jours d’interdits.



Par conséquent, bien que la modalité de la peine elle-même soit similaire avec celle d’Edo, des spécificités sont remarquables à Nagoya. Au shizai, exécuté généralement « secrètement » dans la prison d’Edo, s‘ajoutait le petit tour préalable hors de la prison. Quant aux peines les plus sévères et les plus exceptionnelles, le condamné devait passer sous les yeux du peuple jusqu’à Kawarakeno. Aussi bien à Nagoya qu’à Edo, la prison était située au centre-ville et l’exécution avait lieu en banlieue de la ville, au début des grandes routes. D’un point de vue politique, le choix de cet emplacement avait pour intention d’intimider le visiteur en indiquant qu’ici le territoire du pouvoir souverain commençait (7)



 



II. La géographie urbaine de Nagoya et l’exécution publique



A. Nagoya, une nouvelle ville sous le château qui cherche à affirmer son pouvoir



Si la loi était similaire à celle d’Edo, au début de XVIIIe siècle (donc au milieu de l’époque Edo), Nagoya était connue pour s’opposer ponctuellement au gouvernement fiscal du shogunat. Le seigneur de Nagoya Muneharu Tokugawa (1730-1738) a, en butte à l’économie d’austérité du huitième shōgun Yoshimune Tokugawa (1716-1745), stimulé la consommation, en commençant d’ailleurs par lui-même. Par exemple, quand il allait au temple de sa famille, il était vêtu, à l’aller d’un habit rouge vif et au retour il se changeait pour un kimono tout blanc avec une pipe à tabac d’une longueur de 3,6 mètres. Puis, Muneharu a construit des maisons de joie et des théâtres dans la ville. Par cet effort, Nagoya est devenu une ville de consommation rivalisant avec Osaka et Kyoto bien qu’elle demeurât toujours une ville locale, et non une métropole. En matière de droit aussi, opposé à la peine de mort, Muneharu a laissé vivre tous les condamnés à mort (Hayashi, 1962, p.796). Le shōgun aussi a modéré le droit pénal en rédigeant l’Osadamegaki, mais comme nous l’avons souligné ci-dessus, la peine de mort survivait selon sept modalités, le seppuku exclu. Cependant, la gouvernance de Muneharu n’a eu qu’une réussite éphémère. D’après les chroniqueurs, ses projets ont « dégradé les mœurs du peuple » et les hauts conseilleurs (rōjiu) l’ont finalement, le 25 juillet 1738, destitué en lui refusant le titre de seigneur de Muneharu à un retour d’absence (Hayashi, 2007, pp. 3-4.).



La spécificité de Nagoya ne s’est pas limitée à cette confrontation avec l’autorité shogunale. Nagoya n’était pas une ville traditionnelle mais une ville déménagée depuis l’ancienne capitale locale de Kiyosu et construite par Tokugawa Ieyasu, le premier shōgun né à proximité de Nagoya. Selon Hayashi, le centre-ville de Nagoya était délimité autour du château, au nord-est, à Ozone, au nord-ouest à Biwajima, au sud aux villages de Hioki, Maizu-kobayashi et Kowatari avant que la ville ne s’étende ensuite vers le sanctuaire Atsuta (Hayashi, 1962, pp. 220-224) (Figure 5). Le lieu le plus important pour le domaine était, bien sûr, le château, qui était défendu par le marais au nord et la rivière Horikawa à l’ouest. Au sud et à l’est du château se situaient les maisons des samouraïs. Leur lieu d’habitation était attribué en fonction de leur rang. Plus il était élevé, plus la maison était proche du château. Comme d’autres châteaux du Japon, celui de Nagoya était entouré par un fossé. Entre cette longue tranchée et le château, se trouvaient les manoirs des plus hauts samouraïs. Au-delà de celui-ci, il y avait à l’est, les maisons des samouraïs de classe moyenne, puis au sud, le quartier du peuple et des marchands, formé par des rues en damier au sud duquel on trouvait les maisons des bas samouraïs et les temples (Kodera, 1995, T. 2, pp. 6-7). C’est une géographie relativement différente d’Edo où le quartier où habitaient les samouraïs et les religieux (donc où se situaient les temples et les sanctuaires) se trouvait au centre de la ville près du château.



A Nagoya, il y avait donc deux centres, le centre politique représenté par le château et le centre commercial et religieux fréquenté et habité par le peuple entre Osu et Sakae. S’ajoutait en plus à Nagoya, une banlieue supplémentaire vers le nord-ouest où il est souvent rapporté que les délinquants se cachaient, contribuant alors à la réputation de criminalité attachée à la ville (Hayashi, 1962, pp. 220-224 et Watanabe, 2010, pp. 66-67).  



 



B. Des processions du condamné qui visitent les quartiers populaires



Le « petit tour » se déroulait au sein du quartier populaire de Nagoya et uniquement en hiver. Le « grand tour », lui, avait lieu toute l’année (Kyū Nagoya han... 1980 p. 187). C’est au milieu de ce quartier populaire où passait la parade, et donc au centre commercial et religieux de la ville, que se trouvait la rue Honmachidori. Cette rue était la plus animée de Nagoya jusqu’à la fin de l’époque Edo, avec ses maisons de thé, ses spectacles et ses théâtres (Takizawa, v. 1, t. 1 et Yoshikawa Kōbunkan, 1993, p. 188). Un dessin d’Honmachidori à l’époque de Muneharu dans les années 1730 est connu sous le nom de Kyōgen emaki (Dessin de Nagoya à l’époque Kyōgen) (Koike, op. cit., pp. 22-37). Hirokoji est une rue orientée est-ouest perpendiculaire à Honmachidori et au croisement desquelles se trouvait un pont. Le Kyōgen emaki nous montre d’abord qu’en ce lieu de croisement de Honmachidori et de Hirokoji, il y avait des panneaux annonçant des spectacles. Puis apparait la longue enfilade des bâtiments de magasins divers, comme par exemple de kimonos, de tabac ou de poupées. Ensuite, à l’est, se trouve un sanctuaire shintoïste et en face des petites tavernes. En se dirigeant vers le sud, on arrive au quartier des temples et des sanctuaires, soit bouddhistes, soit shintoïstes. A cette époque, leurs jardins étaient des lieux de divertissement. Par exemple, le spectacle ou la foire y avait lieu et on y trouvait des petits cafés pour les pèlerins (Kaneyuki, 2005, p.32). Comme dans le Kyōgen emaki, c’est plutôt autour du temple principal, Osu kannon, que les magasins, proposant des spécialités de grandes villes autour de Nagoya prisés des visiteurs, se situaient. A l’occasion de spectacles par exemple, une foule de toutes les classes se bousculait pour en profiter. Plus au sud d’Osu, se trouvait le quartier de joie où flânaient les prostitués.



Le tour des condamnés, fixé à l’avance passait par ces endroits bondés. Puis, selon le plan de la ville en 1730 (voir insert dans Figure 1), le Hirokoji se resserre de moitié à l’est du croisement avec Honmachidori, pour peu que le plan de l’époque soit à l’échelle. La prison se situait du côté la rue le plus large. Ainsi, elle donnait sur le plus grand espace du quartier le plus peuplé. De ce fait, soit pour le départ des tours, soit pour le tataki, le peuple informé de l’exécution pouvait facilement se rassembler sur cette vaste place.



Quant à Kawarakeno, la destination finale des « grands tours », le village se situait à un peu plus d’un kilomètre au sud-est de Kiyosu, l’ancienne capitale de la région jusqu’en 1610 (Figure 3). Après le déménagement, Kiyosu est devenu un lieu de passage avec les auberges sur le Minokaido, une route fréquentée à l’époque. Kawarakeno était un lieu de passage obligé entre Nagoya et Kiyosu (Figure 5). Dans une perspective comparative, ce cas contraste notamment avec l’exemple du Paris du XVIIIe siècle où les parcours étaient aléatoires et où parfois l’exécution se déroulait sur le lieu du crime (Bastien, 2006, p .122).



 



C. Une évolution des parcours des condamnés qui suit l’évolution du fief d’Owari



Le déménagement du château en 1610 a eu une influence sur le lieu des exécutions. Avant le déménagement à Nagoya, à l’âge d’or de Kiyosu, les exécutions ne se déroulaient pas à Kawarakeno mais à Senbon Matsubara, au village de Hioki, près du sanctuaire Atsuta (Hayashi, Owari han ... pp. 309-310.). Selon Hayashi, plus de 97 % des marchands de Nagoya sont venus de Kiyosu avec le déménagement du château (Hayashi, Nagoya shōninshi... 1966, p. 31) et c’est ce développement et l’agrandissement de la ville de Nagoya qui ont déplacé le lieu de l’exécution à Kawarakeno vers 1664 (Shinkawachosei, 1955, p. 1080) (8) car Hioki fut intégré dans le quartier sud de la ville de Nagoya (Hayashi, 1962, p, 311).



Comme Honmachidori, Hirokoji était également très animé et très peuplé. D’après la peinture Owari meisho zue, Hirokoji était tellement vaste qu’il y avait sur la rue devant les grands magasins des riches marchands, des baraquements pour les marchands plus pauvres (tokomise, yoshizubari). A ces endroits, on pouvait aussi trouver toute sorte de choses, de l’alimentation, des spectacles et autres divertissements, prostitution incluse (Kobayashi, 2002, pp. 123-126). Ainsi, le quartier autour Honmachidori et Hirokoji était le lieu populaire où se mélangeaient les différentes classes de la société de Nagoya. En fait, comme Hirokoji avait été originellement construite comme un abri en cas d’incendie, la rue était 3,5 fois plus vaste que Honmachidori, 27,3 mètres pour la première et 7,28 mètres pour la seconde (Kato, op. cit., p. 8, Sakurai, op. cit., p. 9) (Figure 2).



 



Document 2 : La rue Hirokoji à l’époque Edo -





Source : Kei Okada et al., (éd.), Owari meisho zue, t. 1, Rinsen shoten, Kyoto, 1998, pp. 108-109.



 



 



Document 3 : Le pont de Biwajima





Source : Kei Okada et al., (éd.), Owari meisho zue, t. 1, Rinsen shoten, Kyoto, 1998)



Le changement du lieu de l’exécution de Hioki à Kawarakeno peut sembler avoir été motivé par des intentions de cacher l’exécution aux yeux du peuple en la sortant de la ville, mais, nous ne le pensons pas. En effet, l’économie de Nagoya ne se limitait pas à la seule ville. Par exemple, Biwajima, village qui est à l’extrémité nord-ouest de la ville en direction de Kiyosu, accueillait la foire aux légumes qui nourrissait tout Nagoya, grâce à son accès à la route de circulation au nord, le Minokaido (Sakurai, op. cit., p. 88) et c’est à côté de Biwajima, sur la route vers Kiyosu et Mino, que Kawarakeno se situe (Hayashi,1962, p. 313). Comme, le « grand tour » passait par Biwajima dont le pont était un passage obligé très fréquenté entre Gifu et Nagoya(Figure 3), il ne peut s’agir d’une intention de cacher la peine. De plus, depuis la route, on apercevait nettement le site du supplice, légèrement décalé par rapport à la route elle-même (ibid.).



Il est possible que le déplacement du lieu de l’exécution soit simplement le résultat de l’agrandissement de la ville, c’est-à-dire, l’extension de sa frontière et de l’intention du seigneur de montrer le commencement du lieu de son pouvoir. Intégré à la ville et à l’écart du Tokaido qui passait plus au sud, Hioki ne remplissait plus ce rôle. Par contre Kawarakeno, situé juste après le pont de Biwajima, était sur l’axe de circulation majeur du fief d’Owari.



Le lieu d’exécution n’était donc pas forcément un lieu abominable pour les gens de l’époque. C’était un lieu marquant le pouvoir. Selon Yoshiaki Sakurai, en 1777, le seigneur Munechika Tokugawa a dormi en ce lieu pendant le voyage d’inspection de son domaine nécessaire à l’époque pour bien gouverner son territoire (Sakurai, op. cit., pp. 47 et 70). Probablement, d’autres seigneurs de Nagoya sont également passés par Kawarakeno. Le voyage seigneurial à l’époque avait en même temps pour but de se reposer dans différents manoirs. Celui de Tsushima, près de la frontière était important pour la défense du domaine. Et pour aller à Tsushima, la route passant par Kawarakeno devait être empruntée, comme le montrent les cartes de l’époque (Figure 4).



Document 4 : Carte du XVIIIe siècle montrant le nord du domaine d’Owari



 





Source : Tempo kuni ezu. Owari no kuni



En résumé, l’exécution publique à Nagoya s’est toujours déroulée dans un centre d’activité. La décapitation avait lieu derrière les murs de la prison, qui se situait au centre-ville, sans doute dans la partie la plus animée de la ville, mais avant la décapitation, le condamné était trainé dans la ville et exposé à la foule. Pour les peines plus graves comme le haritsuke, l’exécution se déroulait à Kawarakeno, hors de la ville et le condamné était emmené au nord-est. L’itinéraire empruntait toujours la route importante pour le commerce, rendant la procession visible même pour les personnes n’habitant pas en centre-ville. L’exécution de la peine sévère à Edo avait le même caractère mais à Nagoya, l’exécution publique était sans doute plus proche des mœurs des habitants. Car, par rapport à Edo, Nagoya était une ville plus petite et le « tour » suivait les rues de la vie quotidienne. Le fait que le seigneur Munechika Tokugawa ait dormi à Kawarakeno nous indique aussi comment le peuple à l’époque regardait ce site : dans cette ville de province dont la surface était beaucoup plus petite qu’Edo, les lieux de la punition et le lieu de la vie quotidienne se superposaient naturellement, en tout cas bien plus que dans la capitale du shōgun.  



Aujourd’hui, ni la prison de Hirokoji ni Kawarakeno n’existent encore comme lieu d’exécution. Le règne des Tokugawa s’est achevé en 1867 quand le pouvoir fut transféré du shōgun à l’empereur. Schématiquement dit, c’est par ce changement appelé la Restauration de Meiji que la modernisation de l’état, autrement dit pour la société japonaise, que l’occidentalisation de l’État a commencé. En matière du droit, le nouveau gouvernement a invité Gustave Boissonnade, agrégé de l’université de Paris, pour lui demander conseil pour la codification du droit moderne. Et par ce « père du droit japonais moderne », le droit a complètement changé. La peine de la privation de la liberté fut introduite et la prison est devenue un lieu de punition. À Nagoya, la prison a connu différents déménagements et finalement, en 1938, la maison d’arrêt a trouvé son installation définitive au nord de Sakae. Aujourd’hui, l’exécution n’est plus visible et nous ne pouvons en être informés qu’après son accomplissement. Mais le « passage vers l’enfer » du condamné reste toujours d’actualité au centre-ville de Nagoya, bien qu’il soit beaucoup plus bref et qu’il demeure caché. 



 



Conclusion



L’analyse des lieux de l’exécution de la peine de mort à Nagoya montre que, dans cette ville sous l’autorité de Princes de sang, il y avait deux principaux lieux d’exécution : le jardin de la prison de Hirokoji et Kawarakeno. Les peines de mort dites légères comme la décapitation simples étaient exécutées derrière le mur de la prison tandis que les peines plus graves comme le bûcher se déroulaient à Kawarakeno. Cependant, même si la décapitation avait lieu dans la prison, la population était informée de l’exécution avec le « petit tour » du condamné en centre-ville. Si la peine était plus sévère, l’exécution était annoncée à l’avance et précédée par un « grand tour » du condamné. Par conséquent, à Nagoya, l’intention de montrer l’exécution était clairement assumée. Comme Hiramatsu l’a d’ailleurs souligné, il est certain que le but principal de la punition à cette époque était l’intimidation (Hiramatsu, 2010a p. 190). Par comparaison, à Edo où ni l’annonce de l’exécution ni le petit tour n’existaient, l’éclat du supplice apparaissait donc plus clairement à Nagoya.



De plus, à Nagoya le supplice est demeuré tout au long de la période d’Edo étroitement lié avec la vie quotidienne. La prison était située dans un des lieux les plus animés et socialement diversifiés de la ville et le « petit tour » se déroulait à travers les rues bondées du quartier le plus peuplé et le plus populaire, Quant à Kawarakeno, le second lieu d’exécution, il était situé proche de la foire aux légumes de Biwajima sur un grand axe de circulation. Il y a eu donc à Nagoya une vraie volonté de marquer les esprits et de satisfaire les victimes des criminels par le caractère public de la peine comme c’était le cas dans la France d’Ancien Régime (Hiramatsu, 2010a, p. 190-191). Mais la comparaison s’arrête là. Ainsi que le notent par exemple Michel Bée et Gérard Guyon, l’exécution publique sous l’Ancien Régime en France était d’abord une sorte de la cérémonie de la réconciliation, entre le condamné et Dieu, ensuite entre la communauté partageant la responsabilité de l’attentat contre le Seigneur à cause du péché originel du criminel, et enfin une réconciliation entre le condamné qui meurt pour la communauté afin de purifier cette responsabilité (Bée, 1975 : Guyon, 2009). Cependant au Japon, le caractère religieux était quasiment inexistant dans les exécutions publiques. Le but principal de la peine était l’intimidation et l’affirmation du pouvoir, et pour cela, il fallait montrer la peine.



 



Document 5 : L’évolution du domaine d’Owari et le changement du lieu d’exécution de Hioki à Kawarakeno





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Notes :





(1) Pour le secret de la peine capitale au Japon, voir Fukuda, 2014, p. 24.





(2) Mais ça ne signifie pas que le critère de la peine n’existait pas du tout jusqu’alors. Dès la loi salique, l’amende et son tarif étaient montrés pour certains actes « illégaux ».





(3) Cependant, l’enfermement pénitentiel existait dès le Moyen Âge, notamment dans la justice ecclésiastique. De plus, les pauvres et les fous étaient aussi emprisonnés.





(4) Pour les modalités des peines, voir Keizai daihiroku (Manuel secret de la punition), 1830. Et nous avons consulté d’autres documents de notre époque, comme par exemple, Ishii R., Edo no Keibatsu, 2013.





(5) Je remercie MM. Toichi Hayashi et Seishi Shirota pour leur contribution pour le tracé des routes du hikimawashi.





(6) Ces combinaisons entre le délit et la peine sont prescrites dans le Keiten binran.





(7) Sera développé dans l’article de Fukuda, Maki, « L’« empire des signes ». Le long règne de la dynastie des Tokugawa et son importance de l’exécution publique. Le Japon au XVIIIe siècle », à paraître dans un ouvrage collectif avec M. Pascal Bastien et al. sur la peine de mort dans le monde au XVIIIe siècle. 





(8) Shinkawachosei… 1955, p. 1080. Si l’ouvrage mentionne le déplacement du lieu en 1663, cette date n’est pas identique dans d’autres documents. En mettant en considération la chasse aux chrétiens faite à Nagoya en 1662 et la construction de la ville à l’ancien lieu de l’exécution, Hayashi pose l’hypothèse que c’était en 1665 quand le lieu de l’exécution fut déplacé à Kawarakeno. (Hayashi, 1962, p. 310).





 


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