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N°8 mai 2016 : Géographie historique et questions militaires (1):

Les hydrosystèmes militaires défensifs de Basse-Alsace (XVIIe-XVIIIe siècles)

Denis Mathis


Par Denis Mathis (docteur en géographie, chercheur associé - Université de Lorraine-Laboratoire d’Observation des TERRitoires (LOTERR)



Résumé : C’est aux XVIIe-XVIIIe siècles, période de grand déplacement des frontières vers l’Est, mais aussi, et par voie de conséquence, de forte résistance à cette progression que sont mis en place des hydrosystèmes militaires défensifs dans le nord de l’Alsace. Ces derniers forment un maillage défensif original en comparaison au réseau de places fortes établi par Vauban. En fait, ces fortifications de campagne sont la conséquence d’un contexte géographique et géostratégique particulier dont les militaires ont progressivement tenu compte.



Mots clés : Alsace, paysages militaires, fortifications de campagne, hydrosystème.



Abstract: The 17th - 18th centuries are a periods of large displacement of the borders to the East of the kingdom of France. The resistances to this progression are important. In this context are built the defensive military hydrosystems in northern Alsace. They form an original defensive mesh in comparison to settlement of fortified towns established by Vauban. These fortifications of countryside are the result of the geostrategics and geographical analysis by military ingeniors.



Words key: Alsace, military landscapes, fortifications of campaign, hydrosystem.



 



Introduction



Depuis la fin de la Guerre de Trente ans, la poussée territoriale du Royaume de France sur les marges occidentales du Saint-Empire Romain Germanique s’est fortement accrue. Elle contraint Louis XIV à faire redessiner le maillage défensif de ces nouveaux territoires en Lorraine et en Alsace (Blattner, 1999). L’ensemble de maillage préexistant est réinterrogé par le regard de Vauban qui doit tenir compte des enjeux de discontinuité et fragmentation territoriale. Si, en Lorraine le maillage défensif peut s’appuyer sur des places fortes anciennes ou nouvelles, a contrario, en Alsace les évolutions sont plus complexes. La « garde au Rhin » paraît une évidence, même si elle doit faire face aux aléas du fleuve et aux risques que ce dernier génère et aux aléas géopolitiques. Pour le reste du territoire, c’est par la mise en œuvre de retranchements de campagne que le maillage défensif sera complété. Ce déploiement traduit une évolution nouvelle dans la stratégie des armées des XVIIe et XVIIIe siècles. Cette nouvelle organisation diffère beaucoup du mythe de la « ceinture de fer », développé autour de Vauban et des ingénieurs militaires de Louis XIV, délimitant ainsi les frontières du royaume.



Lors de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697) puis la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), la Basse-Alsace, prolongée par le Bas-Palatinat, et par symétrie rhénane, dans le Margraviat de Bade, les ingénieurs militaires vont réaliser des hydrosystèmes militaires. Il s’agit de fortifications de campagnes semi-permanentes organisées le long des cours d’eau. Elles associent des retranchements de terres couvertes de palissades afin d’assurer la protection des hommes et l’aménagement de petits bassins hydrographiques destinés à organiser un obstacle « naturel » non guéable et inondable. Il ne s’agit pas d’assurer la construction d’une frontière qui n’existe pas encore, mais de verrouiller en profondeur un glacis stratégique. Les « lignes » sont destinées à assurer la sanctuarisation du territoire. Elles transposent également une approche nouvelle dans la mise en œuvre du système défensif établi par Vauban. En effet, jusqu’à présent, seule la frontière nord du royaume avait connu ce type de réalisation comme la ligne d’Ypres à Comines. Cette dernière « fait partie d’un système défensif étendu qui protégeait la frontière septentrionale entre la France et les Pays-Bas méridionaux. La France a commencé la construction de ce système peu après la conclusion de la Paix de Nimègue en 1678, avec l’intention de l’intégrer dans l’ensemble des forts faisant partie du «pré carré» de Vauban, plus spécialement de la ligne la plus avancée. » (Blanchaert et Bourgeois, 2010). Cette organisation du territoire défensif s’explique par un contexte géographique, géostratégique et géopolitique particulier qui est celui du fossé rhénan. Il n’appartient pas à cet article de retracer l’ensemble des événements des conflits qui ont affecté ces territoires du nord de l’Alsace, mais de repréciser par une lecture géohistorique les contextes particuliers de mise en œuvre de ces hydrosystèmes défensifs. D’autre part, il convient de présenter comment l’aménagement des cours d’eau par les ingénieurs militaires répond aux enjeux de ces territoires et construit des paysages militarisés. Enfin, il est utile de rappeler comment ces lignes de retranchements ont été réactivées à chaque conflit du XVIIIe siècle pour finalement être abandonnées et délaissées laissant percevoir encore quelques cicatrices paysagères oubliées. 



 



I. La production territoriale de la Basse-Alsace française



A. Le Contexte géopolitique



Dans la réalisation territoriale des marges alsaciennes et lorraines du royaume de France, les progrès territoriaux ont créé un vaste glacis territorial complexe, discontinu. Jean-Pierre Husson évoque pour le territoire lorrain « un manteau d’Arlequin rapiécé, recouturé, déchiré, désuni, où des frontières dûment étalonnées purent perdurer des siècles, s’empiler, se compliquer dans des organisations floues » (Husson, 2003). Cette description pourrait être transposée pour l’espace alsacien et plus particulièrement pour les deux régions de Basse-Alsace et du Bas-Palatinat. Pour résorber les discontinuités de ce territoire, Louis XIV a mis en œuvre la politique des Réunions en s’appuyant sur le conseil souverain de Brisach et de la chambre spéciale du parlement de Metz. Ces deux chambres poursuivent l’expansion du royaume par la réalisation de nouvelles enclaves (Comté de Deux-Ponts, Sarrelouis…), mais aussi permettent d’accroître l’emprise territoriale du royaume. Cette politique prolonge la politique d’échanges ou la réalisation de la « Route de France » suite au traité de Vincennes de 1661. Surtout, elle tient compte du contexte des territoires alsaciens suite aux campagnes de Turenne en Alsace et dans les Vosges lors de la guerre de Hollande (1672-1678). Les droits de la France en Alsace étaient fragiles et contestés, les possessions alsaciennes étaient vulnérables et exposées. L’absence de places fortes majeures a contraint Turenne à repasser en Lorraine au cours de sa campagne mémorable (1674-1675). Aussi la politique des Réunions permet de clarifier la situation des villes de la Décapole (1) qui sont obligées de prêter serment de fidélité tout comme le magrave de Bade ou l’électeur Palatin pour leurs possessions alsaciennes. Ainsi, le roi de France étend sa souveraineté sur l’Alsace, mais également sur le Bas-Palatinat. La réunion de Strasbourg le 30 septembre 1681 permet de faire frapper une médaille commémorative affirmant « Clausa Germanis Gallia ». S’agit-il pour autant d’un aboutissement ? La ligne du Rhin n’est qu’une barrière militaire. Le roi s’assurant les moyens de franchir cette ligne. La prise de Strasbourg et celle de Kehl vise à s’assurer le contrôle d’un passage emprunté par l’empereur Léopold Ier lors de la Guerre de Hollande en 1674 et 1677. Avec la réunion de Strasbourg, l’espace alsacien ne peut plus être considéré comme un vaste glacis. Il faut fixer l’adversaire et assurer la défense d’un territoire en voie d’intégration à l’espace français.



 



B. Contexte géostratégique des conflits dans l’Est du royaume de France



Durant la Guerre de Hollande (1672-1678), le Maréchal de Turenne a pratiqué une guerre de mouvement où l’espace alsacien gagné ou perdu n’avait pas de valeur. Il peut être abandonné en cas de défaite et réoccupé ensuite. Pour Vauban, les places de Phalsbourg, la Petite-Pierre et Bitche progressivement remaniées sanctuarisaient la Lorraine française en contrôlant les cols vosgiens. Ainsi, il faut résumer la guerre en Alsace comme une guerre de chevauchées qu’illustre parfaitement la célèbre campagne d’Alsace (1674-1675). Cette stratégie s’accompagne du démantèlement du maillage défensif, de destructions et de pillages, à la fois en Basse-Alsace et dans le Bas-Palatinat (Bad-Bergzabern a été incendié en 1676, Germersheim détruite en 1674, Haguenau en 1677…).



Seule la maîtrise du franchissement du Rhin est essentielle, d’où la réalisation des places de Huningue, de Neuf-Brisach et de Fort-Louis, ou encore la prise de contrôle temporaire de Philippsburg (2) qui permet d’assurer un site de franchissement plus au nord. Malgré la politique des Réunions, le « sac du Palatinat » prolonge cette stratégie en fragilisant durablement la région palatine avec des destructions telles que Frankenthal (fort dépendant du système fortifié de Mannheim), Mannheim, Speyer, Neustadt…. La réunion de Strasbourg modifie la perception géostratégique de l’Alsace, devenue désormais une périphérie, dont la valeur stratégique prend de l’importance.



La ligne du Rhin est désormais continue, cependant qu’au nord de Strasbourg, la Basse-Alsace est peu défendable. Ravagée, pillée, morcelée, sa défense doit être restructurée. La première étape concerne la réalisation de la place de Landau in der Pfalz. Celle-ci répond à la question d’un maillage défensif. Lors des Traités de Westphalie en 1648, la ville est devenue française. Elle est alors fortifiée par Vauban entre 1688 et 1691. Toutefois, lors des guerres de la Ligue d’Augsbourg et surtout lors de la Guerre de Succession d’Espagne, ce maillage est à peine ébauché. Toutefois, cette transformation, dans la perception de la Basse-Alsace et son prolongement vers le Bas-Palatinat, est exprimée dans ses oisivetés, où il déclare qu’« il faudrait s’accommoder à prix d’argent pour les dix-sept villages jadis oubliés du baillage de Ghemersheim situés entre Landau et la rivière du Speyerbach (3).



 



C. Le contexte géographique



La Basse Alsace constitue un étroit couloir compris entre le massif des Vosges du Nord que prolonge le Pfälzerwald (Vasgau, Haardt…) à l’ouest et la vallée du Rhin à l’est. Le réseau hydrographique est orienté ouest-est. Entre ces deux ensembles se trouve la « plaine », au relief composé d’amples ondulations et de collines peu élevées (Pays de Hanau, Outre-Forêt, Speyergau, Creichgau…), cloisonnée par des massifs forestiers (forêt du Bienwald, forêt d’Haguenau) couvrant les épandages sableux déposés au quaternaire par les cours d’eau de la Sauer ou de la Moder, de la Queich… L’incorporation de la Basse-Alsace et du Bas-Palatinat soulève une question stratégique majeure : comment assurer la défense de ce corridor rhénan ?



A l’est, le Rhin constitue une coupure protectrice que Louis XIV s’empresse de fortifier pour assurer son franchissement. C’est la raison de l’édification du maillage des forteresses (Fort-Louis, Neuf-Brisach, Huningue) confortée avec la réunion de Strasbourg-Kehl en 1681. La recomposition du maillage défensif de Basse-Alsace apparaît plus complexe. L’ancien réseau des villes est peu favorable à une réelle organisation défensive. Pour Vauban, les places qui verrouillent l’Alsace du Nord sont de faibles valeurs stratégiques. Seul Landau a une réelle valeur défensive, mais la construction/reconstruction de la ville, de ses remparts et de la citadelle ont nécessité la réalisation en amont du canal d’Albersweiler (7 km) afin d’apporter les pierres depuis les carrières du village d’Albersweiler. Le système défensif est complété par la possibilité de tendre des inondations par un système de « portes » et de vannes établies sur la Queich. La montée des eaux permettait alors d’isoler l’espace au nord de la ville couvrant le sud de la citadelle (figure 1). Pour reconfigurer la place d’Haguenau, les difficultés s’accumulent. La vallée de la Moder est étroite à l’ouest, marécageuse à l’est au contact des épandages sableux. La rivière est peu profonde, facilement guéable. Le site ne correspond pas aux critères vaubaniens d’édification d'une véritable forteresse. Le sol est peu stable, marécageux, ce qui a tendance à écarter les fondations… Les carrières de bonnes pierres sont trop éloignées d’Haguenau et la Moder a un cours trop irrégulier et trop capricieux pour pouvoir être « canalisée ». La forêt d’Haguenau a déjà été largement exploitée lors de la réalisation du Fort-Louis. En 1686, Vauban se serait servi des pierres du vieux Château de Haguenau pour construire sur une île le Fort Carré et les deux ouvrages périphériques du Fort Alsace et du Fort Marquisat de part et d’autre du Rhin (figure 1). Les tensions entre le Roi et l’ancien centre de la Décapole ne favorisent pas l’émergence d’une solution. La question d’Haguenau n’est pas totalement tranchée. En 1702 Louis XIV, dans la crainte de la perte de Landau, décide de faire restaurer les fortifications d’Haguenau. Les travaux durent jusqu'en 1705, restaurant la place forte, construisant 12 demi-lunes. La ville est alors directement menacée de siège.



 



Figure 1 : Landau et Fort-Louis : les nouvelles forteresses de Basse-Alsace





II. Les hydrosystèmes militaires de l’espace rhénan



A. La réalisation des hydrosystèmes militaires de Basse-Alsace



L’expérience de la guerre de la ligue d’Augsbourg, avec la réalisation de la ligne du Speyerbach, mais aussi la faiblesse du maillage défensif du nord de l’Alsace conduisent à la mise en oeuvre des hydrosystèmes militaires de Basse-Alsace. C’est lors de la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) que les Maréchaux de Catinat et de Villars ont ordonné l’organisation d’un système défensif le long de trois cours d’eau : la Queich, la Moder et la Lauter. Ces trois cours d’eau s’écoulent depuis le massif des « Vosges gréseuses » à l’ouest jusqu’au cours du Rhin à l’Est verrouillé depuis 1687 par le Fort-Louis (4). Les lignes défensives bordent ces rivières tout en s’appuyant sur des places fortes et des villes fortifiées. Ces travaux monumentaux donnent naissance un paysage militarisé largement illustré par de très nombreuses représentations cartographiques d’où il est parfois difficile de valider la réalisation du projet.



·               La ligne de la Queich (1702)



Le premier hydrosystème défensif du nord de l’Alsace, aujourd’hui au Bas-Palatinat, est la ligne de la Queich. Elle est adossée à la place forte de Landau dont nous avons rappelé précédemment le contexte de réalisation. L’aménagement de la Queich complète le système défensif de la ville. En 1702, Landau est l’élément central de la ligne de défense au nord de l’Alsace. Sa situation est toutefois particulièrement exposée en raison de la perte de contrôle par la France de Philippsburg.



La position défensive se décompose en deux ensembles. Dans la zone des collines, elle s’appuie sur la Queich et le canal d’Alberweiler. Cette coupure d’eau, double, sert d’obstacle. A l’aval de Landau jusqu’au Rhin (position de Hördt) au sud de Gemersheim (5), digues et seuils obstruent le cours afin de rendre celui-ci inondable. Les villages établis sur la Queich ont tous fait l’objet d’aménagements défensifs de fortifications de terres, de bastions et de redoutes couverts de parapets. On peut encore percevoir dans le paysage villageois les vestiges aplanis de ces redoutes. Un remblai couvrait la rive gauche de la Queich et 24 seuils et écluses permettaient de tendre les inondations entre le Landau et le Rhin. Un réservoir d’eau « dénommé magasin d’eau » signalé sur les anciennes cartes des années 1740 (6) se trouvait à l’est de Landau et s’intègre au dispositif d’inondation. La ligne de la Queich recense et utilise également les zones humides et marécageuses. Ainsi cette mise en œuvre d’éléments défensifs permet de couvrir non seulement la place, mais aussi d’assurer une couverture lors de rassemblement de forces offensives.



 



Figure 2 : la ligne défensive de la Queich





·                La ligne de la Moder (1703)



En 1702, le Roi, qui s'inquiétait du siège de Landau et du risque de voir s’effondrer la couverture nord de la Basse-Alsace, ordonna au maréchal de Catinat de fortifier Haguenau. La Moder constituait un secteur particulièrement vulnérable, son cours étant guéable presque partout. Haguenau n’était qu’une place secondaire, délaissée, dont le devenir était discuté de longue date. Cette vulnérabilité exposait Strasbourg et contraignait à un retrait sur Saverne en cas de désastre. Lors du précédent conflit, le cours avait fait l’objet de premiers aménagements entrepris par les coalisés qui s’installaient en Basse-Alsace, mais sans réelle ampleur. Ces derniers avaient également entrepris des travaux sur la Lauter. Finalement la ligne défensive est réalisée en 1703. Elle s’établit depuis le château de Lichtenberg, Ingwiller et Drusenheim, prenant appui sur les places fortes d’Haguenau, Drusenheim et Fort-Louis. Pour les travaux, les ingénieurs mobilisent 4 000 pionniers des rangs de l’armée et réquisitionnent plus de 18 000 « pionniers » Alsaciens et Bourguignons.



Afin d’éviter le franchissement de la rivière, le cours est élargi et surtout des seuils fractionnent celui-ci, augmentant les niveaux d’eau. Ainsi, entre Ingviller et Obermodern, 17 digues et seuils sont réalisés pour maintenir un niveau d’eau suffisant. Comme pour la Queich, puis par la suite la Lauter, l’hydrosystème est bordé de remblais de terres et de parapets. A l’est d’Haguenau, la ligne utilise le massif forestier et la zone marécageuse comme obstacles défensifs. Visuellement, la ligne défensive se repère encore ponctuellement sur la rive droite du cours. Au contact du Rhin, la rectification du cours du fleuve a profondément modifié le paysage, notamment autour du Fort-Louis.



 



Figure 3 : la ligne défensive de la Moder





·               La ligne de la Lauter ou ligne de Wissembourg (1706)



C’est la troisième ligne défensive. Elle se situe à mi-chemin entre la Moder au sud et la Queich au nord. Elle prend appui sur les deux villes fortifiées de Wissembourg et de Lauterbourg. Paradoxalement aucune de ces deux villes n’est considérée comme une place forte majeure au sein du dispositif frontalier : pour Vauban il s’agissait de simples postes. La vieille place de Lauterbourg, malmenée par la guerre de Trente Ans et les débuts de la Guerre de Succession d’Espagne, a été réaménagée lors de la réalisation de la ligne de la Lauter. Toutefois, la place forte n’a pas vocation à jouer un rôle majeur, comparable à Landau ou même à Haguenau.



Les plans de l’ensemble de la ligne de fortification le long du cours d’eau furent réalisés par l’ingénieur royal Jean-Baptiste de Régemorte (7) et mis en œuvre en 1706 par l’ingénieur royal de Charmont. Le Maréchal de Villars réquisitionna 11 000 pionniers pour le terrassement. La ligne prend appui sur la redoute dite « du Scherhol » qui permettait de contrôler l’accès au col du Pigeonnier (432 m) et au col du Birkenthal (431m) verrouillant l’accès au Pays de Bitche et à sa citadelle. Sur 26 kilomètres, la Lauter a été bordée d’un remblai de terre de 2 à 3 mètres de haut surmonté d’un parapet de tirs avec régulièrement des plateformes pour l’artillerie. Près d’une cinquantaine de forts (fort de Saint-Rémi), de redoutes et de demi-lunes se répartissent tout le long du cours. Ainsi c’est un système rivulaire qui a été mis en œuvre. Afin d’assurer un glacis défensif à cette fortification, la rivière a été aménagée de 28 digues-seuils et de 31 écluses en bois. Les moulins établis sur la rivière ont été intégrés au sein de ce schéma de défense. Sur la rive droite, des demi-lunes protégeaient les abords de la rivière et particulièrement les seuils et les digues qui obstruaient le cours. Ce dernier pouvait être inondé artificiellement, créant une zone immergée de 300 mètres de large et d’un mètre de hauteur. En 1708, l’aménagement de la ligne est perfectionné par le Gouverneur d’Alsace Marie Eléonore du Maine.



Si cette ligne défensive était ancrée aux deux villes moyennement fortifiées de Wissembourg et de Lauterbourg, elle devait être complétée par une forteresse moderne bastionnée « Louisville ». Cette place forte n’a jamais été réalisée. Mais comme pour Haguenau, Louisville se heurte aux mêmes problèmes de terrains marécageux et de manque de pierres de qualité.



 



Figure 4 : la ligne défensive de la Lauter





Figure 5 : les séquelles des paysages militarisés de la Lauter



 



Si la réalisation de la ligne de la Queich a eu peu d’impact dans le déroulement des opérations militaires, la mise en chantier de la ligne de la Moder a permis d’assurer une base d’opération au Maréchal de Villars en 1705 lorsqu’il reprit l’initiative en Alsace. Il dégage la Moder puis la Lauter en détruisant les retranchements établis par les coalisés sur cette rivière. Il établit toutefois ses quartiers d’hiver sur la Moder, base d’opération où il peut ravitailler ses armées, l’Outre-Forêt étant totalement dévastée. Il revient sur la Lauter en 1706 afin de pouvoir se consacrer ensuite à réinvestir le contrôle du Rhin au Fort Marquisat (Fort-Louis). Cette question du ravitaillement des armées et des contributions de guerre constitue un souci permanent qui transparaît dans les correspondances et mémoires de Villars. Ainsi en 1703, il évoque après s’être emparé « de toutes les petites villes d’Ortenberg, Gengembach et Hosen, dans lesquelles il trouva quantité de grains et de fourrages suffisants pour donner à sa cavalerie une subsistance qu’elle ne trouvait pas en Alsace. Par ce moyen, il épargna au roi des dépenses considérables, tant par les contributions qu’en consommant les magasins de l’ennemi » (8). En 1706-1707, le maréchal de Villars annonce qu’il demeure outre-Rhin « avec le reste de toute sa cavalerie pour la faire subsister aux dépens des ennemis » (9) ou encore qu’il « consommoit tous les grains et fourrages qu’ils avoient autour de Landau  (10)». Enfin, il rappelait que « l’armée ennemie souffroit beaucoup par le manque de fourrage » (11). C’est en assurant ses bases en Basse-Alsace, à l’abri de la ligne de la Lauter, que Villars peut assurer ses approvisionnements en fourrage et qu’il peut opérer au-delà du Rhin et détruire les bases du margrave Louis de Bade à Stollhofen en 1707. Cette question des approvisionnements est particulièrement sensible en Basse-Alsace. Ainsi, G. Muller note à propos de l’Outre-forêt que « l’abandon et la désertification des villages de la région ne sont pas sans conséquences pour les terroirs où toute vie agricole est paralysée » (2015).



Il ne faut pas toutefois exagérer le rôle et l’importance de ces lignes défensives dans le cadre des opérations militaires. En effet, en cas d’attaque en force, les lignes peuvent être percées avec le risque finalement d’assister à l’enveloppement des positions et surtout de ne plus pouvoir assurer la retraite de l’armée. Villars justifie l’abandon temporaire des lignes de la Moder en 1705, « Ainsi, l’ennemi campé dans le centre avec ses forces entières, menaçoit tout, et le maréchal de Villars ne voulut pas s’exposer au péril qu’avoit couru le maréchal de Villeroy pour s’être étendu le long des lignes de Flandres. » (12). C’est par une attaque massive que le Maréchal emporte la position de Stollhofen entraînant la déroute des coalisés en 1707. Ainsi, c’est un maillage défensif en profondeur qui est mis en œuvre et comme l’affirme J-M. Manivit (2009), « il faut se débarrasser de l'idée d'associer les places fortes à la notion de territoire sanctuarisé et de défense linéaire, comme on est tenté de le faire, à partir de l'exemple de la ligne Maginot, dernier exemple de système fortifié ; celui-ci apparaît au regard du système vaubanien comme une formidable régression dans la capacité de penser un espace ».



 



B. Les lignes défensives adverses.



Pendant la guerre de Succession d’Espagne, lors des avancées des forces coalisées, des retranchements ont été établis sur la Lauter ou sur la Moder. Ces fortifications de campagnes sont temporaires et n’ont qu’un intérêt tactique. Vauban déclarait à leur sujet : « Nous avons assez souvent éprouvé à nos dépens, dans cette dernière guerre, le mérite des camps retranchés. Le Prince Louis de Bade, Généralissime des armées de l’Empereur, a longtemps empêché la contribution du Palatinat par le moyen d’un retranchement le long de la rivière Spirback qui commençait à Neustadt et finissait à Spire. C’est par un bon retranchement palissadé depuis Weissembourg jusqu’à Lauterbourg, la rivière de Lauter en avant-fossé devant lui qu’il trouva moyen d’assurer le succès du siège de Landau »(13).



Ainsi, la ligne impériale de la Lauter a permis d’assurer l’isolement de la place de Landau et d’éviter l’arrivée d’une armée française de secours. La ligne impériale de la Moder a permis de conserver le territoire gagné et de concentrer des forces en préparation des campagnes suivantes. Seule la ligne du « Speyerbach » établie au sud d’une ligne Neustadt - Speyer depuis Hambach a permis de sanctuariser le Palatinat, mais elle ne correspond pas à un hydrosystème.



Le margrave Louis de Bade a fait établir un dispositif de retranchements de campagne permettant de protéger ses bases opérationnelles sur la rive droite du Rhin. Pour lui, il s’agit d’assurer, face au Fort-Louis site de franchissement du Rhin et globalement face à la maîtrise française du Rhin, un territoire protégé. Vauban déclarait : « C’est par le moyen des retranchements, depuis la montagne jusqu’au Rhin que nous appelons de Bülh ou de Stollhofen, qu’il nous a empêché la pénétration de son pays… » (14). Ces lignes permettaient d’éviter un mouvement tournant des armées de Louis XIV, pendant que les coalisés opèrent sur la rive droite.



 



·               Les lignes de Stollhofen (1703) et d’Ettlingen (1707)



Dans le margraviat de Bade un premier hydrosystème défensif a été mis en chantier entre Bühl et Stollhofen (Allemagne). S’étendant sur 15 kilomètres, il couvrait le secteur de la plaine rhénane entre la Forêt Noire et le Rhin. La ligne Buhl-Stollhofen, construite sur ordre du margrave Louis de Bade en 1703, faisait face au faible maillage défensif français et verrouillait le Fort-Louis, tout en coupant la plaine. Stollhofen constitue l’élément central du dispositif épaulé de plusieurs petits forts et redoutes. Construit sur les cours du Mühlbach et du Sulzbach, les vallées dominées par les lignes de défense étaient inondables par un système de déversoirs organisés sur les cours annexes. En cela, l’hydrosystème militaire était plus complexe que pour les lignes françaises de Basse-Alsace qui ne disposaient d’aucune réserve d’eau. La ligne de défense a été arasée par les forces françaises en 1707 suite à l’offensive du Maréchal de Villars et à la victoire de Stollhofen. Aujourd’hui ces vestiges sont peu perceptibles. La ligne a été « démilitarisée ». Cette destruction entraîne la réalisation de la ligne d’Ettlingen destinée à reporter plus au nord le réduit défensif du margrave. Renforcée lors de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), la ligne utilise les cours d’eau, notamment le cours du Malscher Landgraben, mais aussi l’Alb. Endigués et élargis, ils sont inondables.



Figure 6 : les lignes défensives dans la vallée du Rhin entre Strasbourg et Mannheim





Les grandes lignes défensives de Basse-Alsace constituent une étape importante dans la stabilisation des fronts et la lente intégration des territoires alsaciens à l’espace français. Jusqu’à la guerre de Hollande, et dans une certaine mesure pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg, les campagnes militaires s’organisent en grandes chevauchées qui pillent le territoire adverse. La mise en œuvre de lignes défensives au sud du Speyerbach, entre Neustad et Speyer, permet de sanctuariser une partie du Palatinat. L’intégration de Strasbourg modifie sensiblement la donne stratégique. Ainsi tout repli vers l’espace lorrain découvre Strasbourg et contraint les armées du roi à diviser leurs forces pour protéger deux objectifs.



En fait, la réunion de Strasbourg confirme un changement de statut de marge stratégique, ce territoire alsacien devient une périphérie. La réalisation des retranchements de campagne semi-permanents illustre la modification sensible de l’analyse stratégique. Haguenau qui devait être démantelé se retrouve confirmé comme place secondaire. Wissembourg et Lauterbourg deviennent des postes. La maîtrise du territoire devient une priorité.



 



III. Le lent déclin des lignes défensives



A. Les évolutions des hydrosystèmes militaires rhénans au XVIIIe siècle



La fin de la Guerre de Succession d’Espagne laisse donc des retranchements en l’état. Ils sont intégrés au maillage défensif et les nombreuses cartes dressées des lignes de la Queich et surtout de la Lauter prouvent la permanence et la persistance avec lesquelles, à Paris, on considère leur importance militaire. L’espace organisé par les ingénieurs militaires peut être réutilisé facilement car soumis aux servitudes militaires ; il s’agit donc bien de fortifications de campagnes semi permanentes. Toutefois leur entretien laisse souvent à désirer comme le signale en 1744 le Maréchal de Noailles à propos de la ligne de Wissembourg.



Le concept est loin d’être abandonné. Ainsi, lors de la Guerre de Succession de Pologne (1733-1738), le Maréchal de Noailles déploie une ligne fortifiée au nord de Landau entre Neustadt et Speyer bordant le Speyerbach. La ligne prenait appui sur les hauteurs dominant Hambach qui correspondaient à l’ancienne ligne défensive du margrave Louis de Bade. Le Speyerbach est aménagé de seuils et digues. Ses berges ont été terrassées et couvertes de retranchements, de redoutes et de demi-lunes. De Speyerdorff à Speyer, la ligne compte alors 26 redoutes, 32 digues et seuils, réalisés pour l’essentiel sur le cône de déjection du Speyerbach. La ligne d’Ettlingen est réutilisée également durant ce conflit. En 1734, sa destruction est partielle. Après le conflit la ligne est finalement reconstruite.



Lors de la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), la ligne de la Lauter est réactivée. Elle joue toutefois un rôle modeste lors des combats du 5 juillet 1744. En réalité le contexte stratégique a évolué. Les conquêtes du siècle précédent s’achèvent. La frontière alsacienne s’est stabilisée et les lignes défensives ne jouent plus qu’un rôle tactique de plus en plus modeste. Parce que le système fortifié est en terre, il est considéré comme facilement remis en état à un coût modeste, mais c’est oublier le nombre de pionniers nécessaires lors de leur réalisation. La régularité du réemploi des lignes défensives lors des conflits ne démontre pas un rôle important dans les opérations militaires. En réalité le contexte géopolitique a changé.



Pendant les guerres de la Révolution française, les lignes sont à nouveau réactivées. Elles permettent de couvrir la concentration des forces au sein des villes militarisées de Landau ou d’Haguenau. Lors de la campagne d’Alsace (1793), Landau est assiégé par les Prussiens. Les forces autrichiennes dirigées par Wurmser forcent la ligne de la Lauter le 14 octobre 1793 et prennent Haguenau le 29 octobre 1793. Elles ont alors aménagé sur la rive gauche de la Moder un système fortifié d’une trentaine de redoutes. Cette position devait assurer à leur armée ses quartiers d'hiver. Les combats de Berstheim (2 et 9 décembre 1793) et Keffendorf (9 décembre 1793) bousculent les forces du Prince de Condé et les Autrichiens se replient alors sur l’ancienne ligne de la Lauter. Dans le mouvement des armées, les lignes cloisonnent le nord de l’Alsace et le Bas-Palatinat, ce qui permet finalement d’assurer en cas d’échec une position de repli.



Si leur valeur militaire diminue, ces lignes défensives constituent de plus en plus des géosymboles et trouvent leur place dans l’imaginaire et la culture patriotique régionale comme l’ont mis en scène Erckmann et Chatrian dans l’« Histoire d’un paysan (1780-1815) » (1867).



 



B. La frontière ouverte et la guerre de 1870



La perte de la forteresse de Landau en 1815 découvre la frontière nord de la France et fixe définitivement la frontière entre la Basse-Alsace et le Bas-Palatinat. Lauterbourg et Wissembourg, considérés par Vauban comme des postes, se trouvent désormais exposés et ne sont pas en mesure de jouer un rôle dans un éventuel conflit. Bien que considérée encore comme militaire, la ligne de la Lauter a perdu ses demi-lunes sur la rive gauche. Paradoxalement, alors que la frontière française est ouverte, la situation au Palatinat évolue. Landau et surtout la nouvelle place confédérale de Germersheim, dont la réalisation s’étale entre 1834 et 1855, couvrent la nouvelle frontière. Désormais ces places fortes sont tournées face à la France, dont le linéaire défensif amputé est reporté sur la Lauter. Pour finir, la forteresse d’Haguenau est déclassée en 1867. Sans chercher une quelconque validation a posteriori des réflexions stratégiques des guerres de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, les défaites de Wissembourg et de Woerth-Reichshoffen en 1870 conduisent l’armée d’Alsace du Maréchal de Mac-Mahon à franchir les Vosges en découvrant Strasbourg. Les forteresses des cols vosgiens (Phalsbourg, La Petite-Pierre, Bitche), derniers remparts en cas de désastre alsacien aux siècles précédents, ont été laissées à leur sort. Strasbourg est exposée et soumise à un siège… Les données géostratégiques qui avaient conduit à la réalisation des lignes défensives étaient toujours invariantes. La perte du nord de la Basse-Alsace entraîne fatalement la perte de l’Alsace.



 



C. La « démilitarisation » des lignes défensives : quels héritages ?



Tout comme la ligne de la Queich, dans l’organisation du nouveau territoire de l’Empire Allemand, les lignes défensives perdent désormais leurs fonctions et les terrains sont libérés de leurs servitudes pour revenir à leur état agricole ou forestier. En 1873, la ligne de Wissembourg a été libérée de ses servitudes militaires et retrouve un usage agricole. Progressivement les fortifications de campagnes et les aménagements des bassins hydrographiques ont été oubliés. La ligne de la Lauter a été partiellement fossilisée au sein des massifs forestiers du Mundat et du Bruchwald (en France) et du Bienwald (en Allemagne). Le remblai est la « séquelle » paysagère la plus remarquable, toutefois il est impossible d’avoir une vue d’ensemble du dispositif (figure 5). Pour les vestiges des autres lignes, c’est souvent au contact des massifs que les anciennes redoutes sont les mieux perceptibles. Seuls quelques éléments de la « ligne de la Lauter » sont aujourd’hui classés à l’inventaire des monuments historiques (15). La mise en valeur touristique se résume au « sentier de la Lauter » utilisé par les randonneurs et les cyclistes. En Allemagne quelques vestiges signalés sur les anciennes lignes de Stollhofen ou d’Ettlingen dans le land de Bade-Wurtemberg ont été mis en valeur depuis 2010.



 



Conclusion



Aujourd’hui, la faiblesse des vestiges paysagers ne rend pas compte de l’ampleur des travaux de retranchements ni des perturbations réalisées sur les cours d’eau. Soit que ces derniers aient été remaniés par la suite comme le Speyerbach dans le cas de l’aménagement du cours pour assurer le flottage du bois, soit parce que la mémoire des aménagements et des perturbations fait défaut ou ne s’intègre pas dans le « récit du territoire » des aménageurs actuels au sens développé par A. Sgard (2008). Ainsi dans le dossier GRANDS PRIX NATURA 2000 il est notifié que « La Lauter est l’une des rares rivières de plaine en Alsace à avoir conservé des eaux propres et un lit naturel » (16) (figure 5). La « mémoire du lieu » reste locale, voire régionale. Cette dernière fait souvent correspondre le linéaire défensif à la construction de la frontière entre Alsace et Palatinat, associant l’aspect militaire des hydrosystèmes à une forme de physiotomie politique presque mythique des frontières naturelles. Aujourd’hui, seule la cartographie ancienne permet d’envisager l’ampleur des systèmes défensifs mis en œuvre. Si D. Badariotti (1997) considère que « l’Alsace n’est pas qu’une frontière, c’est une région née de la frontière », il convient de préciser que c’est la guerre et la structuration défensive de la Basse-Alsace qui fixe progressivement la frontière nord de l’Alsace.



La disparition fonctionnelle des hydrosystèmes de Basse-Alsace ne condamne pas ce type d’aménagement. Le concept a été repris et adapté à des situations locales par des ingénieurs et les militaires. Il ne s’agit plus réellement d’un aménagement stratégique mais tactique, lié à l’opportunité de créer ou de conforter une situation défensive. Des aménagements tout aussi spectaculaires, mais limités spatialement, ont été mis en œuvre durant l’entre-deux guerres : dans le secteur fortifié de la Sarre sous le nom de « Ligne Maginot aquatique » (Chiffre, Mathis, 2013 et 2015), ou encore pour le Bas-Palatinat sur le cours de l’Otterbach dans le cadre de l’aménagement du Westfall par l’Allemagne. Aujourd’hui ces héritages militaires de l’aménagement et de l’utilisation des cours d’eau sont des enjeux de territoires et interrogent les acteurs civils entre effacement, préservation ou valorisation dans le cadre de projets de renaturation, de préservation de la biodiversité et résurgence d’un espace mémoriel à vocation touristique.



 



Bibliographie



Badariotti D., 1997, « Fronts d'hier, frontières : le Rhin supérieur », Revue de géographie de Lyon, vol. 72, n°3, 1997. p. 213-222.



Blanchaert H., Bourgeois J., La localisation des lignes françaises du XVIIe siècle entre Ypres et Comines (Belgique) : une contribution archéologique et géographique, Revue du Nord, 2010/5 (n° 388), p.7 - 18



Blattner J-F., 1999, « Trois siècle de fortifications dans la plaine du Rhin supérieur », Annuaire de la société d’histoire et d’archéologie du Ried Nord, 400 p.



Chiffre E., Mathis D., 2013, « Démilitarisation des cours d’eau de la ligne Maginot aquatique », in Guizard F., Beck C., Heude J., « Eaux de la vie : pour une histoire de la biodiversité des cours d’eau », 13e Rencontres internationales de Liessies, Revue du Nord, Hors-série archéologie, n°19, 174 p, p.155-164.



Chiffre E., Mathis D., 2015, « Géohistoire militaire des étangs en Moselle », in Touchart L., Bartout P. et Motchalova O., (dir), Mieux comprendre les étangs. Expériences nationales et internationales. Du Berry Limousin à l’Europe orientale, Brive, Éditions « Les Monédières », 421p, p.398-401.



Husson J-P., 2003, « Les empilements géostratégiques et leurs héritages : l’espace lorrain ». Paris, Stratégique, 4, p. 59-80.



Manivit J-M., 2009, « Les ingénieurs militaires et l'aménagement du territoire. Le cas du réseau des places fortes du nord de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques [En ligne], 17 | 1996, mis en ligne le 27 février 2009. URL : http://ccrh.revues.org/2592



Muller G., 2015, « Laboratoire, modèle ou exception ? La « frontière d'Alsace » sous le règne de Louis XIV », Projet Empreinte militaire en Lorraine, Url : http://ticri.univ-lorraine.fr/wicri-lor.fr/index.php?title=Empreinte_militaire_en_Lorraine_(09-2015)_Gilles_Muller



Rochas d'Aiglun A., (de), 1910, Vauban : sa famille et ses écrits, ses "Oisivetés" et sa Correspondance. I. Notice biographique et bibliographique. Extraits des 12 tomes des "Oisivetés", Paris, Berger-Levrault.



Sgard A., 2008, « Entre rétrospective et prospective. Comment reconstruire le récit du territoire ? », EspaceTemps.net, http://www.espacestemps.net/articles/entre-retrospective-et-prospective/



Villars L-H., 1884-1904, Mémoires du maréchal de Villars. Tome 2 / publiés, d'après le manuscrit original, pour la Société de l'histoire de France, et accompagnés de correspondances inédites par M. le Mis de Vogüé, 6 vol.



 



Notes :



(1) Le Traité de Munster de 1648 était resté flou sur le statut des villes de la Décapole.





(2) En 1646, l’évêque de Spire/Speyer confie cette forteresse à la France. Elle sera disputée, prise et reprise pendant tous les conflits des XVIIe et XVIIIe siècles. Aujourd’hui cette place n’existe plus. Elle occupait un méandre du Rhin et son assise foncière a été occupée par la centrale nucléaire de Philippsburg.





(3) Rochas d'Aiglun A. (de), 1910, Vauban : sa famille et ses écrits, ses "Oisivetés" et sa Correspondance. I. Notice biographique et bibliographique. Extraits des 12 tomes des "Oisivetés" / analyse et extraits, Paris, Berger-Levrault.





(4) Fort-Louis constitue un des éléments de la « Ligne du Rhin » qui prend appui sur les places fortes de Huningue, Neuf-Brisach, Sélestat, Strasbourg, Drusenheim et Lauterbourg.





(5) La ville de Germersheim a été fortifiée au XIXe siècle seulement, bien que des plans aient été établis au XVIIe siècle mais cette ville n’avait pas été intégrée à la ligne de défense.





(6) Carte du cours de la Queich depuis Anweiler jusqu'à Landau et jusqu'au Rhin,  Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE C-3454. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40714843b





(7) Ingénieur d’origine hollandaise ayant travaillé sous les ordres de Vauban lors de la réalisation des fortifications de Neuf-Brisach.





(8) Villars L-H., 1884-1904, Mémoires du maréchal de Villars. Tome 2 / publiés, d'après le manuscrit original, pour la Société de l'histoire de France, et accompagnés de correspondances inédites par M. le Mis de Vogüé, 6 vol., p. 60.





(9) Villars L-H., 1884-1904, op. cit., p. 211.





(10) Villars L-H., 1884-1904, op. cit., p. 212.





(11) Villars L-H., 1884-1904, op. cit., p. 221.





(12) Villars L-H., 1884-1904, op. cit., p. 192.





(13) Rochas d'Aiglun A., (de), 1910, op. cit, p. 149.





(14) Rochas d'Aiglun A., (de), 1910, op. cit., p. 149.





(15) Ligne fortifiée, dite ligne de la Lauter ou ligne de Wissembourg, protection MH, 1989/11/03 : inscrit MH, seul est inscrit le site du fort Saint-Rémi comprenant les vestiges enfouis et le fossé, http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA67008032





(16) Dossier GRANDS PRIX NATURA 2000, Action de « Restauration de la capacité d’étiage des nappes et des ruisseaux forestiers à écoulement quasipermanent » http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1-DC_Alsace_Lauter_nappes_et_ruisseaux_cat1.pdf





 


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